JÉSUS CONFRONTE LES PHARISIENS SUR LE SABBAT 


Mercredi 17 juillet 2024

*Semaine 3 :* Face aux questions polémiques

*Thème général :* L’évangile de Marc

 

Texte à méditer :

*"Puis il leur dit : Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat"* (Marc 2:27).

 

Dans Marc 2:23-24, les Pharisiens accusent les disciples de Jésus de transgresser le sabbat en cueillant des épis. Leur plainte ne porte pas sur le fait que les disciples volent de la nourriture, mais qu'ils effectuent un travail interdit le jour du sabbat, selon la tradition juive.

Selon le Talmud, il existe *39 catégories de violations du sabbat :* 1. transporter, 2. brûler, 3. éteindre, 4. finir, 5. écrire, 6. effacer, 7. cuisiner, 8. laver, 9. coudre, 10. déchirer, 11. nouer, 12. dénouer, 13. façonner, 14. labourer, 15. planter, 16. moissonner, 17. récolter, 18. battre, 19. vanner, 20. trier, 21. tamiser 22. moudre, 23. pétrir, 24. peigner, 25. filer, 26. teindre, 27. coudre en chaîne, 28. ourdir, 29. tisser, 30. défaire, 31. construire, 32. démolir, 33. piéger, 34. tondre, 35. abattre, 36. écorcher, 37. tanner, 38. lisser, 39. marquer. Ce ne sont là que des rubriques. Chacune d'elles s'étend en une discussion détaillée des activités parallèles également condamnées. Il suffit de lire une partie de ces règles pour réaliser que l'observance du sabbat était très importante pour les Juifs. Ils ont manifestement consacré beaucoup de temps à définir ce que signifiait une observance pure et sacrée du sabbat.

 

Jésus répond aux Pharisiens en évoquant l'histoire de David qui mangea des pains de proposition (Marc 2:25-26 ; 1 Sam. 21.1-6). Les pains de proposition étaient enlevés le sabbat, alors David était vraisemblablement en fuite un jour de sabbat. Jésus avance que si David et ses hommes ont eu le droit de manger les pains de proposition, alors les disciples de Jésus ont raison de cueillir des épis et d’en manger les grains. Par cette comparaison, *Jésus admet-il que ses disciples font quelque chose d'illégal ?* Si la comparaison se fait avec une autre action que l'on reconnaît comme illégale, alors la réponse est affirmative. Lorsqu'on réfléchit à cette défense, elle rappelle les excuses d'un enfant pris en faute, qui se justifie en disant qu'un autre enfant a également enfreint les règles de la maison.

 

Cependant, Jésus ne se contente pas de cette justification. *Il défend un autre principe : celui de la nécessité.* David avait faim et était dans le besoin, ce qui rendait acceptable un comportement prétendument illégal. Si vous étiez un dirigeant juif, votre réponse aurait pu être de conseiller à Jésus de dire à ses disciples de prendre un petit déjeuner avant le sabbat. Ils auraient dû se préparer le vendredi en emportant un repas. De plus, vous pourriez ajouter que le jeûne est bénéfique pour eux. En fait, la réponse que nous aurions donnée à la place de Jésus aurait pu être plus simple : affirmer simplement que ce que font les disciples est en réalité licite, comme le précise Deutéronome 23:25.

 

Il est indéniable que Jésus possède une intelligence supérieure à la nôtre. Si nous discernons qu'une interprétation de ses réponses manque de sens logique, il nous incombe de chercher la véritable signification de ses propos. Comment dès lors comprendre l'affirmation selon laquelle *le sabbat a été fait "pour l'être humain" (Marc 2:27) ?* Jésus souligne que la satisfaction des besoins humains, y compris leur confort, est en harmonie avec l'observance du sabbat. Les débats sur les moyens par lesquels les disciples auraient pu éviter leur inconfort perdent ainsi leur pertinence.

 

Dans Marc 2.28, Jésus nous dit qu’il est *le « Maître (Seigneur) » du sabbat* et que *c’est donc à lui de définir les règles qui s’appliquent.* Ce récit ne suggère en aucun cas que l'observance du sabbat est sur le point de s'achever. Bien au contraire, il en souligne l'importance. Pourquoi Jésus prendrait-il le temps d'expliquer comment respecter le sabbat si sa résurrection imminente devait en abolir la pratique ? Revenons un peu en arrière (Marc 1:21-22). Nous y trouvons une confirmation de l'affirmation dégagée de l'histoire que nous venons d'étudier. Ce passage fait partie des preuves apportées par Marc pour démontrer que *Jésus est le Messie.* En effet, *il possède l'autorité de définir le véritable sens des règles.* Jésus s'efforce-t-il d'expliquer que le sabbat est destiné à notre confort ? Puisqu'il est établi que ce que faisaient les disciples était légal (Deut. 23:25), pourquoi ne pas donner cette réponse simple ? Jésus ne se contente pas de rappeler la légalité des actions, mais il enseigne une compréhension plus profonde des lois divines, mettant en lumière *leur finalité ultime : le bien-être de l'humanité.*

 

*« Puis il leur dit : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver une personne ou de la tuer ? Mais ils gardèrent le silence »* (Marc 3:4). Une nouvelle fois, Jésus doit affronter une polémique avec les chefs religieux à propos du sabbat (remarquez toutefois que la polémique ne concerne jamais le jour du sabbat en soi). Si les dirigeants juifs pensaient qu’il était répréhensible de guérir le jour du sabbat, pourquoi ont-ils gardé le silence ? Le texte dit que cette situation a mis Jésus en colère (Marc 3.5-6) *parce qu’ils « refusaient de comprendre ».* Ils préféraient leurs règles du sabbat à la guérison d’un homme handicapé. En se référant à Marc 3:4, Jésus évoque, semble-t-il inutilement, la mise à mort le jour du sabbat. Cependant, en Marc 3:6, nous découvrons la véracité des paroles de Jésus : les chefs juifs complotaient en effet pour le tuer le jour du sabbat. L’ironie de l’histoire, c’est que ceux qui cherchaient à coincer Jésus en flagrant délit de transgression du sabbat transgressaient eux-mêmes le sabbat en conspirant pour le tuer ce même jour. Ce passage met en lumière *le contraste saisissant entre les deux autorités religieuses.*

 

Des récits évangéliques, nous pouvons tirer plusieurs principes d'observation du sabbat, particulièrement pertinents face aux défis contemporains : *primauté du bien-être humain ; miséricorde et compassion ; intégrité spirituelle* (l'observation du sabbat doit être marquée par l'intégrité et la sincérité spirituelle, plutôt que par un formalisme légaliste) ; *réflexion sur l’intention* derrière les règles du sabbat (consacrer du temps à la spiritualité, à la communauté et au repos, plutôt que de suivre aveuglément des prescriptions). Ces principes peuvent guider notre pratique contemporaine du sabbat, en nous rappelant que son observance doit être *source de paix, de bien-être et de communion,* plutôt qu'un fardeau ou une contrainte.

 

*Jésus, le rebelle, a redéfini le mot « saint » en déclarant qu'il était le Seigneur du sabbat.* Il a tourné le dos au « Saint » légal, à la conception légale de la sainteté, façonnée par des années d'érudition, et nous a restitué *le sabbat comme un don de Dieu.* Cette redéfinition a des conséquences notables pour nous, observateurs du sabbat au XXIe siècle.

 

Trop souvent, le respect du sabbat a été défini par ce que nous ne pouvons/devons pas faire. *Si nous compilions toutes ces interdictions, elles seraient aussi lourdes que le Talmud juif.* Nous consacrons beaucoup de temps à défendre l'observation du sabbat plutôt qu'à apprécier et partager cette expérience avec autrui. Tant que nous percevons l'observation du sabbat comme une simple présence à l'église à un moment différent - décalé dans le temps, nous tombons dans le piège du légalisme. *Le sabbat est véritablement un don de Dieu.* Peut-être devrions-nous nous promener dans un champ de maïs et en savourer quelques grains, afin de pleinement embrasser la joie que ce jour sacré nous offre.

 

*Bonne journée sous l’aile bienveillante de l’Éternel !*

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