Mardi 09 juillet 2024
Semaine 2 : Un
jour dans le ministère de Jésus
Thème général : L’évangile de Marc
Texte à méditer :
« Ils étaient frappés de sa doctrine ; car il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme les scribes » (Marc 1:22).
La plupart des chrétiens vivent des moments inoubliables dans leur marche chrétienne : la décision de suivre Jésus, leur baptême, une prédication percutante pendant laquelle ils ressentent la présence de Dieu, etc. Non seulement certains de ces moments peuvent s’avérer inoubliables, mais ils peuvent aussi changer leur vie à jamais. Ce fut sans doute aussi le cas pour certains habitants de Capernaüm pendant le sabbat décrit dans Marc 1:21-28. Tandis que Jésus enseignait dans la synagogue, un homme possédé, sans doute touché par la puissance de l’enseignement de Jésus, s’écria : « Pourquoi te mêles-tu de nos affaires, Jésus le Nazaréen ? Es-tu venu pour notre perte ? Je sais bien qui tu es : le Saint de Dieu ! » (Mc 1.24), et Jésus chassa le démon.
Dans son commentaire sur Marc, M. Eugène Boring mentionne que « pour le judaïsme et le christianisme primitif, Dieu était l’autorité ultime; la question était de savoir comment l’autorité de Dieu est médiatisée. Dans le judaïsme, l’autorité divine est médiatisée par la Torah, qui doit ensuite être interprétée par le débat et le vote d’érudits qualifiés. Pour Marc, l’autorité de Dieu est médiatisée par la parole de Jésus, qui est simplement prononcée » (Boring, Mark : A Commentary, 2006, p. 63). Ceci explique l’inquiétude des dirigeants juifs lorsqu’ils interrogèrent Jésus : « les principaux sacrificateurs, les scribes et les anciens, vinrent à lui, et lui dirent : Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t’a donné l’autorité de les faire ? » (Mc 11:28).
Marc 1:27 nous aide à mieux comprendre la question entourant l’autorité de Jésus : « Ils se demandaient les uns aux autres: Qu’est-ce que ceci? Une nouvelle doctrine! Il commande avec autorité même aux esprits impurs, et ils lui obéissent ! » Marc montre que les gens associent l’enseignement de Jésus à l’autorité, une autorité, à son tour, qui est visiblement associée aux actions. Dans l'Évangile de Marc, l'autorité de Jésus est associée et justifiée par les miracles qu'il accomplit. En d’autres termes, l’autorité de Jésus implique l’exousia; c’est-à-dire, cela est à la fois « connaissance et pouvoir » (Danker, et al., A Greek-English Lexicon of the New Testament and Other Early Christian Literature, p. 353). Pour Marc, l’annonce de la bonne nouvelle par Jésus comporte des miracles.
La confrontation de Jésus avec les démons est remarquable dans Marc. L’Évangile rapporte des faits où les forces démoniaques défient le ministère de Jésus (Mc 1:34, 39; 3:15, 22; 6:13; 7:26, 29, 30; 9:38; 16:9, 17). Ces forces sont décrites comme étant des esprits impurs (Mc 1:23, 26 ; 3:11, 30; 5:2, 8, 13; 6:7; 7:25; 9:25). Marc décrit ceux qui sont affligés par ces démons comme étant des démoniaques (Mc 1:32; 5:15; 5:18). Aucun autre Évangile ne se centre autant sur des références aux forces du mal. Trois aspects de la rencontre de Jésus avec les forces du mal sont importants à noter ici:
1. Le mal était présent dès le début du ministère de Jésus (Mc 1:23). En effet, le premier miracle de Jésus, selon Marc, a été de chasser un esprit mauvais d’un homme dans la synagogue de Capernaüm (Mc 1:25).
2. Les démons pouvaient reconnaitre ce que les maitres d’Israël ne reconnaissaient pas en ce qui concerne Jésus et Son identité. Les démons professaient que Jésus est « le Saint de Dieu » (Mc 1:24), « le Fils de Dieu » (Mc 3:11) et le « Fils du Dieu Très-Haut » (Mc 5:7).
3. Jésus a toujours autorité sur les démons. Marc rapporte que les démons s’étaient exclamés : « Tu es venu pour nous perdre » (Mc 1:24). À une autre occasion, les démons « se prosternaient devant lui » (Mc 3:11). Jésus chassait les démons de leurs victimes humaines, quel que soit le nombre d’esprits impurs qui habitaient la vie des démoniaques. (Mc 5:9 ; 16:9).
Dans Marc 1 :25, « Jésus le [l’esprit impur] menaça, disant: Tais-toi, et sors de cet homme. L’ordre que Jésus donne au démon (de sortir de l’homme) est compréhensible, mais pourquoi lui dit-il : « Tais-toi » ? C’est le point de départ d’un motif remarquable : Jésus qui demande de garder le silence sur son identité. En théologie, on appelle cela « le secret messianique. » Par souci de concision, l’auteur de notre méditation trouve cette demande de Jésus logique, considération faite des connotations politiques des attentes messianiques de son époque. « Il était risqué d’être un messie … Ce qui deviendra clair par la suite, c’est que l’identité de Jésus ne peut rester cachée, et la vérité sur son identité devient le cœur du message évangélique. »
Pour comprendre
les éléments soulignés dans Marc 1.21-28, il est utile de considérer le
contexte culturel et théologique dans lequel l'Évangile de Marc a été écrit.
Voici quelques réflexions sur les questions soulevées :
1. L'approbation
de l'identité de Jésus par un démon (Marc 1.21-24) : Marc inclut
probablement cette reconnaissance de l'identité de Jésus par un démon pour
plusieurs raisons. D'abord, cela sert à souligner l'autorité spirituelle de
Jésus, même les esprits impurs le reconnaissent comme le "Saint de
Dieu", ce qui renforce son statut messianique aux yeux des lecteurs.
Ensuite, bien que les démons soient généralement associés au mensonge, leur
reconnaissance de Jésus comme une figure d'autorité divine dans ce contexte est
ironiquement véridique et sert de contraste dramatique, montrant que même les
forces du mal reconnaissent la suprématie de Jésus.
2. Rejet
par Jésus de l'approbation des démons (Marc 1.25) : Jésus rejette
cette approbation car il ne souhaite pas que son identité et sa mission soient
proclamées par des esprits impurs. Cela pourrait confondre son message et sa
provenance divine, et associer son ministère à des sources impures, ce qui
serait inacceptable dans le contexte juif de l'époque. De plus, Jésus concentre
son action sur la guérison de l'individu possédé, montrant sa compassion et son
engagement envers le bien-être des personnes affectées par des forces
maléfiques.
3. Relation
de Jésus avec les démons (Marc 1.26-28) : Contrairement à d'autres
exorcistes de son temps, Jésus n'a pas besoin de rituels ou de formules
complexes. Jésus ne cherche pas à obtenir
l’approbation d’un démon pour rehausser son statut. Il ordonne aux démons et
ils obéissent. Jésus est un homme d’action et d’autorité.
4. Présence d'un démon dans la synagogue (Marc 1.23) - S’il pensait que Jésus pourrait le détruire ou libérer sa proie, pourquoi prendre le risque ? On s’attend, dans un cadre cultuel, à trouver des choses et des gens saints, et non des choses impies et impures. Il y a donc dans cette histoire un contraste, un paradoxe saisissant entre les forces du bien et les forces du mal. Le fait que le démon prenne la parole en présence de Jésus pourrait être vu comme un acte de défiance ou un dernier effort pour dominer sa victime avant d'être expulsé. Cela montre également que les démons reconnaissent Jésus et sa puissance, mais sont poussés par leur nature à résister jusqu'à ce qu'ils soient contraints de se soumettre à son autorité.
Jésus, en tant que Celui qui était venu établir le royaume de Dieu (Mc 1:15), est suprême au-dessus de tous les esprits démoniaques. « Sa domination est une domination éternelle » (Dn 7:14). Sa domination comprend la suprématie sur les puissances terrestres et les forces spirituelles maléfiques. Dans l’Évangile de Marc, Satan est désigné comme un ennemi vaincu.
Bonne journée sous le bienveillant
regard de l’Éternel !
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