LE MESSAGER
Mercredi 03 juillet 2024
Semaine 1 : Au commencement de l’évangile
Thème général : L’évangile de Marc
Texte à méditer :« Commencement de l'Évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu » (Marc 1:1).
Marc
présente Jésus
Chacun des quatre Évangiles du Nouveau Testament commence par des références au « commencement », pour établir l’origine de Jésus-Christ.
- L’Évangile de Matthieu commence par l’origine ancestrale de Jésus, en particulier Sa lignée humaine, en tant que « fils de David, fils d’Abraham » (Mt 1:1).
- Luc préface son récit évangélique en révélant qu’il commence par « le commencement » du ministère public de Jésus, tel que rapporté par des témoins oculaires (Lc 1:2).
- Le « commencement » de Jean est spécial, parce qu’il se réfère à un temps antérieur à l’aube de l’histoire humaine, un temps au-delà du « commencement » de la Genèse elle-même. « Le commencement » de Jean remonte à l’éternité de Jésus-Christ: « Au commencement était la Parole » (Jn 1:1).
- En revanche, Marc commence son récit par les mots « Commencement de l’évangile de Jésus Christ » (Mc 1:1).
Marc établit immédiatement le sujet de l'Évangile et déclare son but de manière claire, sans détour ni embellissement. Traditionnellement, on pense que Marc était l'interprète de Pierre, et donc son style d'écriture pourrait refléter la manière de parler de Pierre qui est souvent perçu dans le Nouveau Testament comme direct et impulsif - ce qui pourrait s'aligner avec le style direct de Marc. On pourrait à juste titre se demander si Marc fait fausse route en simplifiant les choses en raison de l’influence de Pierre par rapport à celle de Paul. En effet, Paul parle du « mystère de l’Évangile » dans Éphésiens 6:18-19, ce qui suggère une approche plus profonde et peut-être plus théologiquement complexe de l'Évangile. Marc n'est pas nécessairement en contradiction avec Paul, même s'il adopte une approche plus directe. Les deux perspectives ont leur place. Marc se concentre sur la narration et la présentation immédiate de Jésus en tant que Messie et Fils de Dieu, ce qui est essentiel pour établir la base de la foi. Paul, d'autre part, avec son arrière-plan pharisien et sa formation académique, explore et explique souvent les implications/complexités théologiques et les mystères de cette foi, ce qui enrichit et approfondit la compréhension.
LE MESSAGER
Revenons un
instant en arrière et replongeons-nous dans l'époque de l'Église primitive. Affirmer
que « Jésus est le Fils de Dieu » était extrêmement difficile. Cette
affirmation, profondément révolutionnaire, défiait les conceptions religieuses
établies et pouvait entraîner des répercussions sociales et légales sévères. Y avait-t-il un mystère dans l’idée que le fils de Marie
soit également le Fils de Dieu ?
Marc utilise des
prophéties de l'Ancien Testament pour appuyer l'identité divine de Jésus :
« … Voici, j'envoie devant toi mon messager, Qui
préparera ton chemin ; C'est la
voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur,
Aplanissez ses sentiers » (Marc 1:2-3). Il cite des prophéties qui
prévoient un messager préparant le chemin devant le Seigneur. Marc attribue ces
prophéties à Ésaïe, bien qu'elles incluent des références à d'autres écrits
prophétiques. Les passages d'Ésaïe 40:3 et de Malachie 3:1 partagent un thème
commun centré autour de l'annonce et de la préparation de la voie pour une
intervention divine. Chacun de ces textes fait référence à un messager ou à un
précurseur qui prépare le chemin pour le Seigneur. Ésaïe 40:3 parle de Dieu apparaissant dans
le désert avec une voie préparée devant Lui. Malachie 3:1 promet l'arrivée d'un
messager qui préparera le chemin pour la venue du Seigneur.
« Jean
parut, baptisant dans le désert, et prêchant le baptême de repentance, pour la
rémission des péchés » (Marc 1 : 4). Dans Marc 1:4-7,
il est rapporté qu'un messager a précédé Jésus. Ce messager, Jean le Baptiste,
a préparé le chemin pour Jésus, conformément aux prophéties de l'Ancien
Testament. Jean proclamait un baptême de repentance pour le pardon des péchés,
et il annonçait publiquement qu'une personne plus puissante que lui devait
venir après lui. En déclarant
qu’il n’était pas digne de délier la courroie des sandales de celui qui venait
après lui, Jean-Baptiste démontrait la conception élevée qu’il avait de Jésus. Ainsi, Marc établit que la venue de Jésus
était prévue par les écritures et que sa mission et son identité étaient
conformes aux attentes messianiques, renforçant ainsi son argument que Jésus
est bien Dieu.
Jean précisait
également que, contrairement à lui qui baptisait avec de l'eau, celui qui
venait après lui baptiserait avec le Saint-Esprit (Marc 1 :8). Dans Jean
4:1-2, il est noté que Jésus gagnait et baptisait plus de disciples que Jean,
bien que ce ne fût pas Jésus lui-même qui baptisait, mais ses disciples. Cela
met en évidence que le rôle de Jésus dépassait la simple action de baptiser
avec de l'eau ; il impliquait une transformation spirituelle plus profonde
apportée par l'Esprit Saint.
« L’évangile de Jésus-Christ »
À l’exception de Marc, aucun autre évangéliste n’utilise
l’expression « l’évangile de Jésus-Christ » [euangeliou Iēsou] (Mc 1:1) dans
ses écrits. Cette expression ne se trouve que dans Marc. Cela nous dit que Jésus
et Son évangile constituent le centre et l’essence du récit de Marc.
Ainsi, dans notre réflexion sur l’Évangile de Marc, nous
ferions bien de commencer par nous demander : qu’est-ce que l’évangile ? D’après les études lexicographiques,
l’expression grecque euangelion, communément traduite par « évangile », a plus
d’une signification. Euangelion fait référence à « la bonne nouvelle de Dieu
aux humains, la bonne nouvelle en tant que proclamation. » Il s’agit également
d’un « livre traitant de la vie et de l’enseignement de Jésus, un récit
évangélique. » L’expression euangelion est aussi liée aux « détails relatifs à
la vie et au ministère de Jésus, [la] bonne nouvelle de Jésus. » (William Arndt, F. W.
Gingrich, Frederick W. Danker, eds., A Greek-English Lexicon of the New
Testament and Other Early Christian Literature, Chicago, University of Chicago
Press, 2000, p. 403.) Avec ces définitions à
l’esprit, nous pouvons penser que Marc utilise l’expression « évangile » pour
décrire les actes miséricordieux de Jésus pendant Son ministère, ainsi que pour
désigner l’idée de l’évangile lui-même comme une « bonne nouvelle » de Dieu.
Un messager précède le Seigneur pour préparer son chemin.
Dans l’évangile de Marc, le Seigneur Jésus voyage. La rapidité du récit fait
ressortir cette impression de voyage, un voyage qui conduira à la croix et à la
mort sacrificielle de Jésus pour nous. Mais beaucoup de choses doivent encore
se produire avant qu’il n’arrive à la croix. Le voyage ne fait que commencer,
et Marc va nous en parler.
Ainsi, Marc, dès le début, présente Jésus comme étant en action. Les actions de Jésus sont au cœur du récit de Marc. Le récit de Marc est l’évangile en action.
Agréable
journée sous l’aile bienveillante de l’Éternel
!
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