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Vendredi 12 juillet 2024

Semaine 2 : Un jour dans le ministère de Jésus

Thème général : L’évangile de Marc

Texte à méditer :

« Jésus le renvoya sur-le-champ, avec de sévères recommandations, et lui dit : Garde-toi de rien dire à personne ; mais va te montrer au sacrificateur, et offre pour ta purification ce que Moïse a prescrit, afin que cela leur serve de témoignage » (Marc 1:43-44).

Le lépreux évoqué dans le passage de Marc 1:40-45 manifeste une foi inébranlable en la messianité de Jésus. Prosterné devant le Christ, il affirme que son rétablissement dépend exclusivement de la volonté de ce dernier, sans mettre en doute sa capacité à opérer une guérison. Le lépreux met sa foi en Jésus : oui, il peut le rendre pur.  

La lèpre décrite dans ce passage et dans l’Ancien Testament, ne renvoie pas seulement à ce que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de maladie de Hansen. Une meilleure traduction de la terminologie biblique serait plutôt « maladie de peau redoutée », car le terme de lèpre impliquait d’autres maladies épidermiques. La maladie de Hansen a pu arriver dans le Proche-Orient ancien vers le IIIe siècle av. J.-C. (voir David P. Wright et Richard N. Jones, « Leprosy » [Lèpre], dans The Anchor Bible Dictionary [Le Dictionnaire Anchor], vol. 4, New York, Doubleday, 1992, p. 277-282). Ainsi, le lépreux dont il est question dans ce passage pouvait très bien avoir la maladie de Hansen, mais nous ne savons pas avec certitude de quoi souffrait cet homme, en-dehors du fait que c’était très grave.

Selon Lévitique 13, un lépreux était rituellement impur et devait éviter tout contact avec les autres (Lv 13.45, 46). Dans Lévitique 5:3-6, il est prescrit que « quiconque, involontairement, vient à toucher une impureté humaine et en prend conscience ultérieurement, se rend coupable. Il doit alors reconnaître son péché et présenter une offrande de culpabilité à l'Éternel, afin que le prêtre procède à l'expiation de son péché. » Face à ces prescriptions, une interrogation subsiste : pourquoi Jésus a-t-il choisi de toucher le lépreux ? Le texte suggère que toucher une personne impure induit une « culpabilité ». Cependant, Jésus, « ému de compassion, tendit la main, le toucha et dit : “Je le veux, sois pur” » (Mc 1.41). Ce geste aurait dû souiller Jésus jusqu’au soir, moment où il aurait dû se baigner afin d’être de nouveau pur rituellement (Lévitique 13-15). En touchant le lépreux, Jésus ne pèche point car par cet acte, il purifie l'homme de son impureté (Marc 1:42). Ce geste n'est pas seulement un acte de guérison mais aussi une démonstration profonde de miséricorde et d'amour, transcendant les normes rituelles pour réaffirmer la primauté de la compassion divine.

Jésus envoie l’homme se présenter à un prêtre avec la consigne d’offrir le sacrifice que Moïse avait prescrit pour de tels cas dans Lévitique 14. Tout au long de l’évangile de Marc, Jésus défend et soutient ce que Moïse a enseigné (voir Mc 7.10 ; 10.3,4 ; 12.26,29-31). Cette conception tranche nettement avec les chefs religieux, qui dans les passages de Marc 7, 10 et 12, torpillent l’intention originale des enseignements donnés par Moïse. Ces détails expliquent l’ordre de Jésus qui, dans Marc 1.44, dit à l’homme de ne rien dire à personne. S’il dit que Jésus l’a guéri, la décision du prêtre pourra être influencée par ses préjugés négatifs sur Jésus.

Le lépreux bavard

Les versets Marc 1:43-45 apportent quelques éléments de réponse à la question de la désobéissance du lépreux, malgré l'ordre explicite et sévère de Jésus de garder le silence sur sa guérison. Voici les raisons possibles qui pourraient expliquer son comportement :

 

1.     Émotion et gratitude débordantes : Le lépreux, ayant été guéri d'une maladie débilitante et socialement excluante, aurait été submergé par la joie et la gratitude. L’émotion prend le dessus sur la rationalité et l'obéissance.

 

2.     Désir de témoigner sa foi et sa reconnaissance : Ayant été directement touché et guéri par Jésus, le lépreux pourrait avoir ressenti un besoin impérieux de partager son expérience miraculeuse.

 

3.     Incompréhension des conséquences : Le lépreux, bien que guéri, n'aurait peut-être pas pleinement compris les implications de sa désobéissance. Il ne saisissait peut-être pas comment sa divulgation pourrait affecter le ministère de Jésus, notamment en influençant la perception publique et en attirant l'attention indésirable des autorités religieuses et civiles.

 

4.     Impulsion humaine : L'acte de parler malgré l'instruction de se taire peut également être vu comme une réaction humaine typique à une situation extraordinaire. Il est courant que les individus ne suivent pas toujours les instructions données, surtout sous l'effet de l'excitation ou du soulagement.

 

 En examinant les versets Marc 1:38 et Marc 1:45, nous pouvons mieux comprendre l'impact de l'action du lépreux sur le ministère de Jésus. Dans Marc 1:38, Jésus exprime son intention de prêcher dans d'autres villes : « Allons ailleurs, dans les bourgades voisines, afin que là aussi je prêche, car c’est pour cela que je suis sorti. » Jésus avait un plan clair pour son ministère, qui impliquait de se déplacer librement et de prêcher à un large public dans divers endroits. Cependant, Marc 1:45 rapporte que le lépreux, après avoir été guéri, désobéit à l'instruction de Jésus de garder le silence sur sa guérison et commence à proclamer largement ce qui lui était arrivé. « … de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait dehors, dans des lieux déserts. » La conséquence de cette désobéissance est significative : la popularité grandissante de Jésus et les foules qui le cherchaient rendent ses déplacements difficiles et limitent sa capacité à entrer dans les villes. Ceci est problématique pour plusieurs raisons : restriction de l'accès public (Jésus est contraint de rester dans des endroits isolés, ce qui entrave son plan initial de prêcher et guérir les malades dans les bourgades et villes voisines) ; attention indésirable (l'attention accrue peut également attirer le regard des autorités ou des leaders religieux, ce qui pourrait précipiter des confrontations ou des complications). Ainsi, l'acte du lépreux, bien qu'il soit un témoignage sincère de sa guérison et de sa gratitude, crée des défis logistiques et stratégiques pour Jésus dans l'exécution de son ministère public.

Faut-il considérer que Jésus aurait dû s'abstenir de guérir le lépreux ? L'acte de guérison, malgré les conséquences subséquentes, révèle profondément la disposition de Dieu à intervenir dans nos afflictions. En dépit des troubles occasionnés par la divulgation faite par le lépreux, celui-ci croyait agir de manière appropriée en partageant son expérience. Cet épisode sert d'avertissement contre la tendance à suivre nos propres convictions au détriment des directives divines. Bien que la démarche du lépreux n'ait pas entravé définitivement le ministère de Jésus, elle a incontestablement compliqué l'accès à sa personne. Par conséquent, la guérison du lépreux, tout en étant un geste de compassion, souligne également l'importance de l'obéissance aux commandements de Dieu, illustrant ainsi une tension entre notre volonté (humaine) et la volonté de Dieu. 

En concluant notre réflexion hebdomadaire sur le thème « Un jour dans le ministère de Jésus », quelles leçons pouvons-nous tirer de cette journée passée aux côtés du Christ ? Personnellement, j'ai acquis la certitude que Jésus est véritablement Dieu, et que son cœur déborde de miséricorde et d'amour pour nous. Que cette expérience nous inspire à emboîter le pas aux pêcheurs qui l'ont suivi, et à nous engager résolument sur son chemin, aujourd'hui et pour toujours.

Paisible weekend sous le bienveillant regard de l’Éternel !

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