UNE SECONDE CHANCE
Mardi 02 juillet 2024
Semaine 1 : Au commencement de l’évangile
Thème
général : L’évangile
de Marc
Texte à méditer :
« Quelque temps après, Paul dit à
Barnabas : « Retournons visiter les frères et sœurs dans toutes les villes où
nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir comment ils vont. » Barnabas
voulait emmener avec eux Jean surnommé Marc ; mais Paul estimait qu'il ne
fallait pas le faire, parce qu'il les avait quittés en Pamphylie et qu'il ne
les avait plus accompagnés dans leur mission. L'exaspération devint telle
qu'ils se séparèrent. Barnabas prit Marc avec lui et s'embarqua pour Chypre » (Actes 15 :36-39).
L'attitude de
répudiation adoptée par Paul à l'égard de Marc se révèle compréhensible,
quoique d'une rigueur impitoyable. La vie de missionnaire, spécialement dans le
contexte de l'antiquité, se caractérisait par une rudesse et des exigences
sévères, ainsi que le dépeint Paul dans 2 Corinthiens 11:23-28 : travaux
incessants, châtiments corporels - flagellations et lapidations, multiples
emprisonnements, et divers dangers mortels, incluant des naufrages et de
longues dérives en mer, attaques de brigands, hostilité ses compatriotes
et des non-juifs, périls spécifiques
dans les villes, les déserts, et sur la mer, trahison de faux frères,
conditions de vie précaires - faim, soif, jeûnes fréquents, exposition au froid
et manque de vêtements. Toutes ces
adversités étaient aggravées par le fardeau des responsabilités qu'il portait
envers toutes les églises qu'il aidait à fonder et à soutenir. Paul dépendait de ses collègues
missionnaires pour l’aider à porter le fardeau de l’œuvre dans des conditions
très difficiles. De son point de vue, celui qui avait déserté si vite ne
méritait pas une place dans une équipe missionnaire luttant corps à corps
contre les forces du mal.
Paul se montra
particulièrement sévère envers Jean-Marc. En dépit de la claire invocation de
l'Esprit Saint, qui avait appelé Paul et Barnabas à collaborer ensemble (Actes
13:2), Barnabas refusa de souscrire à l'opinion de Paul concernant le jeune
homme. Percevant en lui un potentiel inexploré, Barnabas était réticent à
l'abandonner. Un conflit d'une intensité remarquable éclata alors entre Paul et
Barnabas à propos de Jean-Marc, aboutissant à leur séparation. Paul opta pour
l’assistance de Silas, tandis que Barnabas, tenant Jean-Marc en haute estime et
jugeant probablement l'attitude de Paul déraisonnable, choisit de prendre Marc
avec lui. Un détail révélé dans Colossiens 4.10 éclaire la fidélité de Barnabas
envers Marc : ils étaient parents.
Une
métamorphose remarquable semble avoir opéré en Marc. Au travers des écrits de
Colossiens 4:10, 2 Timothée 4:11 et Philémon 24, Paul exprime l'estime qu'il
porte désormais à Marc pour lui-même et pour le ministère. Il le considère
comme l'un de ses fidèles collaborateurs et souhaite que Timothée l’amène avec lui. De surcroît, l'épître de Pierre
témoigne d'une relation étroite entre Pierre et Marc (1 Pierre 5:13). Ces
textes, attribués à Paul et à Pierre, furent vraisemblablement rédigés au début
des années 60, soit quelque 15 à 20 ans après les événements relatés dans Actes
15. Il apparaît clairement que Marc a surmonté son échec initial, sans doute
grâce à la confiance que lui avait témoignée son cousin, Barnabas.
Marc
parvint à surmonter son échec initial en tant qu'évangéliste et devint
finalement un collaborateur essentiel des figures de proue de l'Église
primitive, telles que Pierre et Paul. Les textes que nous avons étudiés
révèlent que sa connexion avec Barnabas lui fut avantageuse. Toutefois, le
contexte indique également que Marc déploya un effort considérable et collabora
étroitement avec les principaux dirigeants de l'Église. Malgré l'opposition
initiale de Paul, Marc travailla avec lui, influençant ainsi sa perception. Il
ne se déroba point à l'interaction avec Paul, mais plutôt, s'engagea
activement, modifiant l'avis de ce dernier à son égard.
L'histoire
de Jean Marc nous rappelle les circonstances où il est nécessaire de recaler
des étudiants lors des examens. Dans les dialogues qui suivent inévitablement
ces échecs, il est toujours souligné que la note d'échec reflète uniquement les
performances actuelles dans le cadre du cours, et non le potentiel futur de l'étudiant.
Nombre de ces étudiants ont besoin d’une expérience d'échec pour prendre
conscience de leurs lacunes, tout en ayant besoin d'être encouragés à recommencer
avec une nouvelle perspective et une détermination renouvelée.
Dans les récits
de Marc et de Barnabas, nous observons la dynamique où le plus expérimenté
soutient une personne moins aguerrie. Cette structure est emblématique de la
manière dont Dieu organise les relations au sein du ministère. De façon
similaire, Jésus envoya ses douze disciples par binômes (Marc 6:7) et désigna
également soixante-douze autres disciples, les envoyant également deux par deux
pour préparer sa venue dans chaque ville (Luc 10:1). Ces dispositions
pourraient bien s'inspirer de la sagesse conférée à Salomon, comme exprimée
dans Ecclésiaste 4:9-10 : "Deux valent mieux qu'un... Mais malheur à celui
qui est seul quand il tombe et qui n'a pas un autre pour le relever."
Pour illustrer
clairement les dynamiques entre Marc et Barnabé, considérons le tableau
suivant, structuré en deux colonnes — "Marc" et "Barnabé" —
juxtaposant leurs contrastes :
Marc était découragé et accablé face aux rigueurs du travail
missionnaire et aux échecs qui semblaient ponctuer ses efforts. Barnabé, quant à lui, jouissait d'une renommée
pour son habileté à encourager autrui. Initialement nommé Joseph, il reçut des
apôtres le surnom de « Barnabé », signifiant « fils de l'encouragement », en vertu
de ses qualités exhortatives manifestes (Actes 4:36).
Marc craignait les dangers du champ de mission. L'appréhension
de Marc face aux périls inhérents au champ missionnaire le conduisit à une
certaine réticence, limitant son engagement lors de ce premier voyage
missionnaire, comme en témoigne son départ prématuré (Actes 13:13). En
contraste, Barnabé, empreint d'une foi robuste et rempli du Saint-Esprit,
discernait aisément les signes de la grâce divine même sur de nouveaux terrains
missionnaires (Actes 11:22-24). Sa générosité s'étendait sans réserve à l'œuvre
du Seigneur, comme en atteste la donation intégrale du produit de la vente d'un
de ses champs (Actes 4:36-37).
Marc, le jeune disciple, n'était pas fiable. Il
n'était pas coutumier de la gestion de lourdes charges spirituelles, ni de la
collaboration avec des personnalités diverses. En revanche, Barnabé se
distinguait comme un excellent communicateur et un véritable "homme de
liaison". Il réussit à dissiper les appréhensions de la communauté
chrétienne naissante concernant la sincérité de la conversion de Saul/Paul,
facilitant ainsi l'intégration de ce dernier comme frère dans la foi et son
émergence en tant que leader au sein de l'Église (Actes 9:27).
Marc avait besoin d'une seconde chance pour
entreprendre un nouveau voyage missionnaire, occasion de fortifier sa foi ainsi
que les compétences et desseins que Dieu envisageait pour sa vie. Il lui
fallait revisiter les lieux qu'il avait autrefois fuis, retracer ses pas et
agir différemment lors de cette tentative. Barnabé, quant à lui, incarnait l'esprit
du donneur de secondes chances, animé par l'Esprit du Christ. Il avait offert
une nouvelle opportunité à Saul/Paul, naguère tueur
en série (persécuteur) de chrétiens, et également à son cousin Marc,
témoignant ainsi de sa grande capacité à réhabiliter et à soutenir.
Avec quelles âmes
le Très-Haut souhaite-t-Il nous associer
dans l'œuvre du ministère ? Qui sont ceux qui fortifient notre foi ? À qui, de notrecôté,
est-il donné d'apporter encouragement et soutien dans leur cheminement de foi ?
Ces questions touchent au cœur même de notre vocation spirituelle et de nos
interactions au sein de la communauté de croyants.
Agréable
journée sous l’aile bienveillante de l’Éternel
!
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