DE LA NOURRITURE POUR LES CHIENS

Mercredi 07 août 2024

Semaine 6 : Ce qui vient du cœur

Thème général : L’évangile de Marc

Texte à méditer :

« Jésus lui dit : Laisse d’abord se rassasier les enfants de la maison. Car il ne serait pas convenable de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens » (Marc 7 :27).

Dans la foulée du texte difficile soumis à notre réflexion hier, l’histoire de ce passage soulève également des questions troublantes. Dans l'Évangile de Marc, chapitre 7, versets 25 à 27, Jésus rencontre une femme syro-phénicienne dont la fille est possédée par un démon. Lorsqu'elle vient implorer Jésus de chasser le démon, il répond par une métaphore : « Laisse d'abord les enfants se rassasier ; car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens. » Cette réponse peut sembler choquante, car elle semble comparer la fille de la femme à un « chien ». Cependant, il est crucial de comprendre cette métaphore dans son contexte culturel et historique.

Jésus ne traitait pas littéralement la fille de « chien ». Au contraire, il utilisait cette métaphore pour illustrer la priorité de sa mission auprès des enfants d'Israël. Les enfants devraient être nourris « d’abord ». S’il y a « d’abord », il semble logique qu’il y ait « ensuite ». Dans cette culture, les « petits chiens » n'étaient pas des insultes directes mais des illustrations de priorité. Jésus avait utilisé une forme diminutive du mot chien, ne signifiant pas chiots mais plutôt, dans ce contexte précis, les chiens autorisés à l’intérieur de la maison contrairement aux chiens des rues. 

En lisant Marc 7:28, nous voyons la réaction remarquable de la femme. Plutôt que de se sentir offensée, elle répond avec une sagesse et une humilité étonnantes : « Oui, Seigneur, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des enfants. » Sa réponse démontre une foi inébranlable et une compréhension profonde de la miséricorde divine. Si Jésus avait fait une remarque similaire à propos de notre propre enfant, et si cette remarque avait un fondement racial, comment aurions-nous réagi ? Beaucoup d'entre nous auraient pu se sentir offensés ou en colère. Cependant, la femme syro-phénicienne montre une autre voie, celle de l'humilité et de la persévérance.

Comment cette femme avait-elle trouvé la bonne réponse? Certes, l’amour pour sa fille l’avait poussée vers l’avant. Mais Jésus l’avait aussi encouragée. Il avait utilisé le mot « d’abord », ce qui impliquait qu’il pourrait y avoir un « ensuite ». De plus, Il avait laissé entendre qu’elle était comme un chien sous la table. Tout comme le chien était dans la maison sous la table, elle était aux pieds de Jésus en train de plaider pour sa fille. Ainsi, elle avait revendiqué le droit d’un chien à la nourriture qui tombe de la table.

En répondant ainsi, cette mère exprime sa foi et son espoir dans la bonté de Jésus. Elle reconnaît qu'une personne aimante et miséricordieuse ne refuserait pas d'aider un enfant innocent. Sa réponse reflète une compréhension de la nature aimante de Dieu, même face à une réponse initiale qui pourrait sembler dure.

Le fait d’appeler le puissant miracle de guérir sa fille à distance une « miette » indiquait à la fois que la puissance de Jésus était particulièrement grande (si un tel miracle était une miette, qu’en serait-il d’un pain entier?) et que l’acceptation de sa demande était une petite affaire pour Lui. Jésus fut ému et accéda à sa demande.

Dans Marc 7:29-30, la réponse de Jésus, bien que peu aimante au premier abord, s'avère être un test. Ce test examine trois aspects fondamentaux :

·       la capacité de la mère à écouter attentivement,

·       sa persévérance face à une apparente insulte, et

·       son caractère. Jésus dit que les enfants doivent être nourris « d'abord », ce qui laisse une ouverture pour la fille de la femme. En s'accrochant à cette espérance, la femme montre sa détermination et son caractère fort, surpassant l'insulte apparente pour se concentrer sur la guérison de sa fille.

La région de Tyr-Sidon se trouve à environ 50 km de la Galilée et il faut compter 2 à 3 jours de marche. La visite de Jésus n'était pas une simple visite de la côte pour voir les sites d'une plage méditerranéenne.

Tyr et Sidon étaient des villes phonéennes/canaanites situées à la frontière nord de la Palestine juive et étaient considérées comme païennes. Dans le contexte des autres événements relatés dans ce chapitre, cette visite avait pour but de donner aux disciples un aperçu de la portée de l'Évangile.

Marc inclut cette histoire pour plusieurs raisons. Premièrement, elle illustre l'inclusivité du message de Jésus, montrant que sa miséricorde s'étend à tous, indépendamment de leur origine ethnique ou culturelle. Deuxièmement, elle prouve l'identité divine de Jésus, démontrant son pouvoir de guérir et de libérer même à distance. Enfin, cette histoire enseigne des valeurs essentielles de la foi chrétienne, telles que l'humilité, la persévérance et la foi authentique.

Reconnaître que Jésus est Dieu signifie en partie accepter que nous ne le sommes pas. La femme syro-phénicienne se concentre sur ce que Jésus peut faire pour sa fille, et non sur les insultes personnelles. Elle offre ainsi un modèle de foi et d'humilité pour tous les croyants, montrant que la véritable foi transcende les obstacles et les insultes, se concentrant sur la puissance et la miséricorde infinies de Dieu.

Certains interprètent la conversation avec la Syrophénicienne comme une confrontation. D’autres ont parfois tendance à imaginer Jésus s'exprimant d'un ton mesuré, comme dans un vieil anglais shakespearien (comme souvent représenté dans certains films). Cependant, il est tout à fait plausible d'imaginer que Jésus était bien plus accessible et agréable à écouter. Conscient de la fracture entre Juifs et Gentils, il aurait sans doute eu un léger sourire en coin lorsque la femme et lui se livraient à cet échange d'esprit. Elle répondait avec autant de vivacité qu'il n'en donnait.

Les disciples, quant à eux, ont pu observer cette conversation évoluer d'un simple stéréotype vers une profonde guérison et compréhension. Cette scène n'était pas seulement destinée à la femme et à sa fille, mais aussi à l'édification des disciples eux-mêmes. Que cet échange inspirant entre Jésus et la Syrophénicienne nous guide et renforce notre foi !

Puisse notre cœur s’ouvrir à la miséricorde divine aujourd'hui et toujours !

Bonne journée sous l’œil bienveillant de l’Éternel !

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