ENSEIGNER AUX DISCIPLES : 

1ÈRE PARTIE 

Samedi 17 août 2024

Semaine 7 : Enseigner aux disciples : 1ère partie

Thème général : L’évangile de Marc

Texte à méditer :

Appelant la foule à se joindre à ses disciples, il déclara : « Quiconque désire me suivre doit me laisser guider. Ce n’est pas vous qui êtes aux commandes ; c’est moi. Ne fuyez pas la souffrance ; acceptez-la. Suivez-moi et je vous montrerai la voie » (Marc 8:34 – Paraphrase de The Message Bible).

LA SEMAINE EN BREF

Jésus interroge d’abord ses disciples sur l’opinion publique à son sujet : « Que disent les gens de moi ? » Puis il affine cette question en la rendant plus intime : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Pierre, dans un premier temps, répond avec justesse, mais lorsque Jésus révèle la véritable nature de ce "Christ", Pierre s’y oppose.

La transfiguration sur la montagne, quel en est le but ? Est-elle destinée à affermir la divinité de Jésus à ses propres yeux ou à ceux de ses disciples ? Si tel est le cas, pourquoi ne pas en faire un événement visible pour tous les disciples ? Que nous révèle cet épisode sur la nature, le caractère et les attitudes de Dieu ?

À la suite de cela, les chefs religieux doutent encore que Jésus puisse être le Christ, sous prétexte qu'Élie n'est pas encore venu. Jean-Baptiste a pourtant accompli ce rôle, et ils ignorent qu'Élie lui-même vient d’apparaître pour attester de Jésus devant ses disciples. Mais pourquoi Jésus ne contraint-il pas les Pharisiens à croire, soit par une démonstration miraculeuse, soit par un argument irrésistible ? Il les renvoie simplement aux Écritures, pour leur rappeler la véritable nature du Messie promis…

Cependant, l’urgence de guérir les malades empiétait sur le temps que Jésus pouvait consacrer à l’enseignement de ses disciples. Après l’épisode du garçon possédé, il devient évident que les disciples ont besoin de passer plus de temps avec leur Maître. Jésus souhaite les préparer à sa mort imminente, leur en expliquer la signification et le but. Pourtant, bien qu’ils écoutent, ils ne comprennent manifestement pas et n’osent même pas interroger leur Maître.

Au lieu de cela, ils se disputent pour savoir qui est le plus grand parmi eux. Une telle attitude, si éloignée de la manière dont Dieu gouverne son univers, pousse Jésus à intervenir. Il prend alors un enfant (membre sans importance de la société) dans ses bras, signifiant ainsi que dans le royaume de Dieu, le statut social, la richesse et la position n’ont aucune importance. Il réaffirme ensuite la valeur des enfants et condamne sévèrement ceux qui les font trébucher. Une attitude aussi positive envers les enfants les pousse à venir vers lui, à la grande consternation des disciples qui tentent de les éloigner, préoccupés par des questions hautement théologiques. Mais Jésus ne se laisse pas détourner et incarne l'exemple divin dans sa manière de traiter les enfants.

Enfin, Jésus souligne l'inclusivité de Dieu, rappelant que ce n’est pas parce qu’une personne ne fait pas partie du cercle "autorisé" des disciples qu’elle ne peut pas être pour Dieu. (Ce commentaire ouvre la voie à de nombreuses réflexions profondes…)

Les disciples étaient confrontés à un dilemme profond. Lorsqu'ils étaient confrontés à la présence de Dieu, ils s’effondraient comme morts, à l'instar de Pierre, Jacques et Jean lors de la Transfiguration. Accablés et terrassés par la peur, ils étaient incapables de poser des questions. Bien qu'ils aient entendu la voix céleste confirmer la réalité et la fiabilité de Jésus, à cet instant précis, ils n'avaient rien à dire ni à demander. En conversant avec Jésus, qu'ils connaissaient d’une certaine manière, ils croyaient qu'il était spécial, ayant été témoins de nombreux miracles extraordinaires. Ils reconnaissaient sa divinité, Pierre l’ayant même proclamé « le Christ de Dieu ». Ils avaient entendu Jésus parler du Père et de sa mission de révéler Dieu au monde, mais cela ne leur suffisait pas. Ils aspiraient à connaître le véritable Dieu, et non seulement ce Jésus à l'apparence très humaine, qui marchait, parlait, mangeait, et dormait comme eux.

Ainsi, ils lui posèrent des questions. Réfléchissez à toutes les questions qui furent adressées à Jésus. Lui-même les invita à interroger en demandant : « Qui dites-vous que je suis ? » Les Pharisiens et les Sadducéens, quant à eux, posaient des questions hostiles. « Leurs conceptions de Dieu avaient façonné leur propre caractère » (Jésus-Christ, p. 604). Ils demandaient : « Par quelle autorité fais-tu ces choses ? » et remettaient en question la réponse de Jésus, suggérant qu'il n'était pas celui qu'il prétendait être, à l'instar du diable dans le désert : « Si tu es le Fils de Dieu... » Car si Jésus n’était pas véritablement ce qu'il proclamait, il était soit fou, soit imposteur, et indigne de représenter Dieu et son caractère auprès de l'humanité.

Le diable comprenait parfaitement que, si Dieu était révélé dans sa véritable nature, ses propres mensonges seraient démasqués. La bataille sur la nature et les actions de Dieu serait irrémédiablement perdue pour lui si Jésus parvenait à montrer de manière incontestable la véritable image de Dieu. C’est cette question qui se trouve au cœur de l’interrogation de Jésus. On a tenté de le piéger, de le discréditer comme un imposteur, et de convaincre les autres qu’il n’était ni divin ni digne de confiance. Ironiquement, la seule "accusation" retenue contre lui fut celle de blasphème : se déclarer être Dieu. Il l’était, et ils l’ont condamné à mort pour l’avoir affirmé.

Pourquoi ? Parce que Jésus ne correspondait pas à l’image qu’ils avaient de Dieu. Si c’était Dieu sous forme humaine, ils ne voulaient pas le reconnaître. Convaincus de savoir qui était Dieu, ils étaient certains qu’il n’aurait jamais agi comme Jésus. Par ce raisonnement circulaire, ils conclurent que Jésus était un menteur, indigne de vie. C’est ainsi que leurs interrogations les menèrent inévitablement à la réponse ultime de Dieu : la Croix.


POUR CONCLURE …

Le juste équilibre entre l’expérience de la communion avec Christ au sommet de la montagne et l’expérience simple du service aux besoins des autres se trouve dans la compréhension que ces deux aspects sont complémentaires et indissociables dans la vie chrétienne.

La communion avec Christ, souvent symbolisée par l'ascension spirituelle vers des sommets où l'âme se nourrit de la présence divine, est essentielle pour renforcer la foi, renouveler l'esprit, et recevoir la guidance nécessaire pour la vie quotidienne. C’est un moment privilégié de recueillement et de ressourcement spirituel, permettant de se reconnecter avec la source de tout amour et de toute sagesse.

Cependant, cette communion intime avec Dieu ne peut être pleinement accomplie sans être mise en pratique à travers le service aux autres. Le Christ lui-même, après des moments de prière intense et de communion avec le Père, descendait vers les foules pour guérir, enseigner et répondre aux besoins des plus démunis. Le service aux autres est l’expression tangible de la foi, le moyen par lequel l’amour de Dieu se manifeste concrètement dans le monde. La communion avec Dieu sur la montagne est ce qui nourrit et guide le service en plaine. Elle donne la force, la sagesse, et l'humilité nécessaires pour servir les autres sans se perdre dans l'activisme ou l'épuisement. Inversement, le service aux autres permet de vivre la foi de manière incarnée, de mettre en œuvre les enseignements reçus dans la prière, et de rencontrer Dieu dans le visage de "l’autre."

Ainsi, l’expérience de la communion et celle du service doivent s’enrichir mutuellement, l’une donnant sens et profondeur à l’autre, pour mener à une vie de disciple pleine et équilibrée.

HAPPY SABBATH !

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