LA MONTAGNE ET LA VALLÉE 

Mercredi 14 août 2024

Semaine 7 : Enseigner aux disciples: 1ère partie

Thème général : L’évangile de Marc

Texte à méditer :

 « Aussitôt le père de l’enfant s’écria : Je crois, mais aide-moi, car je manque de foi ! » (Marc 9:24).

Dans Marc 9:1-13, Pierre, Jacques et Jean vécurent une expérience extraordinaire connue sous le nom de la Transfiguration de Jésus. « Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance » (Mc 9:1). Cette prédiction de Jésus fut accomplie quelques jours après, lorsqu’Il emmena Pierre, Jacques et Jean seuls sur une haute montagne. Là, Il fut transfiguré devant eux dans la gloire du royaume céleste. La transfiguration de Jésus dans Marc 9:2-7 est une petite représentation, mais exacte, de l’évènement majeur de Sa glorification future. Pierre, qui était présent, semble comprendre l’évènement de cette manière : « Ce n’est pas, en effet, en suivant des fables habilement conçues, que nous vous avons fait connaitre la puissance et l’avènement de notre Seigneur Jésus Christ, mais c’est comme ayant vu sa majesté de nos propres yeux » (2 Pierre 1:16).

En ce qui concerne ceux qui « ne mourront point » avant le retour de Jésus, « Il est significatif que les trois Évangiles synoptiques rapportent le récit de la transfiguration immédiatement après cette prédiction… De plus, tous les trois mentionnent le fait que la transfiguration ait lieu environ une semaine après cette déclaration, ce qui implique que l’évènement était l’accomplissement de la prédiction. Le lien entre les deux sections du récit semble exclure la possibilité que Jésus se référait à autre chose qu’à la transfiguration, qui était une démonstration, en miniature, du royaume de gloire. » (The SDA Bible Commentary, vol. 5, p. 436.)

Ses vêtements devinrent d'une blancheur éclatante, comme personne sur terre ne pourrait les blanchir, révélant sa gloire divine. Moïse et Élie, deux figures majeures de l'Ancien Testament, apparurent, conversant avec Jésus. Leur présence symbolise la Loi et les Prophètes, représentant l'accomplissement de la mission de Jésus. « Les disciples s’imaginent que Moïse et Elie ont été envoyés pour protéger leur Maitre et pour établir son autorité royale. Cependant la croix doit précéder la couronne. Ce n’est pas le couronnement du Christ, c’est sa mort prochaine, à Jérusalem, qui est le sujet de leur entretien avec Jésus » Jésus-Christ, p. 419. Luc note en effet qu’ils parlaient du départ de Jésus (exodos en grec), ce qu’Il était sur le point d’accomplir à Jérusalem (Lc 9:30-31). Ainsi, cette scène de gloire était liée à la mort prochaine de Jésus sur la croix (voir aussi Mc 9:9). Cela donnerait de l’espoir quand les disciples Le verraient crucifié. Moïse et Élie représentaient tous deux les rachetés. Élie représentait ceux qui ne connaitront pas la mort, et Moïse représentait ceux qui ressusciteront de la poussière. « Le futur royaume de gloire fut montré en miniature sur la montagne : Christ le Roi, Moïse le représentant des saints ressuscités, Élie celui des saints transformés. » Jésus-Christ, p. 419.

La transfiguration occupe une place importante dans le récit évangélique de Marc. Par cet évènement, le statut selon lequel Jésus-Christ est le Fils de Dieu était confirmé. Dieu le Père avait révélé un aperçu de la splendeur de Sa puissance. Alors une nuée se forma et couvrit de son ombre la gloire de Dieu. Le père parla du haut de la nuée, contrevenant aux conseils impétueux et présomptueux de Pierre. Comme le dit Marc : « Une nuée vint les couvrir, et de la nuée sortit une voix: Celui-ci est mon Fils bienaimé: écoutez-le! » (Mc 9:7). Cette histoire illustre l’importance du fait de reconnaitre Jésus comme le Fils de Dieu. Cependant, le récit nous enseigne à quel point il est vital que nous Lui obéissions plus que le simple fait de Le reconnaitre. Dans la Bible, l’écoute est synonyme d’obéissance. Une telle obéissance, ou écoute, implique un abandon quotidien à Jésus-Christ. En tant que tel, notre obéissance devrait suivre notre connaissance de Lui.

Mais pour chaque montagne, il y a une vallée où le soleil brille rarement. Et souvent, plus les montagnes sont hautes, plus les vallées sont sombres. Après la nuit de gloire sur la montagne haute, la scène dans la vallée, au pied de la montagne, était un triste décor (voir Mc 9:14-29). Pierre, Jacques et Jean avaient vécu une expérience au sommet d'une montagne. C'était un événement surnaturel qui leur avait coupé le souffle. Il faut aimer la réaction de Pierre. Pierre voulait célébrer ce moment. Puis ils sont descendus de la montagne et ont dû faire face aux Pharisiens et aux scribes, et à un miracle qui ne fonctionnait pas devant des foules de gens. Ils avaient atteint une vallée.

Les neuf disciples avaient rencontré un garçon possédé par un démon qu’ils n’arrivaient pas à guérir. L’histoire porte sur le pouvoir que le démon avait sur l’enfant. Jésus semblait prendre beaucoup de temps à s’enquérir des détails de la possession démoniaque. Cela était trop pour le père, qui laissa entendre : « Mais, si tu peux quelque chose, viens à notre secours, aie compassion de nous » (Mc 9:22). Jésus capta immédiatement l’expression du doute. La réponse du Seigneur peut être paraphrasée comme suit : « Que veux-tu dire par ‘Si tu peux’? » (Mc 9:23). Soudain, comme un éclair venant du ciel, le père comprit que ce n’était pas seulement son fils qui avait un problème, il avait lui aussi un problème d’incrédulité. Et son incrédulité pourrait être un obstacle à la guérison de son fils. 

Il y a des expériences spirituelles extraordinaires au sommet d'une montagne. Mais il y a aussi les vallées, les jours sombres et pluvieux, les déserts sans relief. Les moments de révélation divine et de proximité avec Dieu sur la montagne contrastent avec les défis et les luttes dans la vallée. Les disciples, après avoir été témoins de la gloire divine, sont confrontés à la réalité des souffrances humaines et de leurs propres limites. Le père du garçon possédé par le démon parla au nom de tous les disciples lorsqu'il dit : « Je crois! viens au secours de mon incrédulité! »

Ce verset illustre de manière poignante la tension entre la foi et le doute, le divin et l'humain, que l'on retrouve souvent dans les vallées de nos vies. Il montre la lutte intérieure d'un père entre croire en la puissance de Jésus qu'il a entendu proclamer et le désespoir face à la condition affligée de son fils. Cela résonne profondément avec le thème du contraste entre les expériences spirituelles élevées (la montagne) et les épreuves du quotidien (la vallée). Les situations qui poussent les individus à un tel cri sont souvent celles où les réalités de la vie heurtent les convictions spirituelles : maladies graves, pertes dévastatrices, échecs personnels ou crises de sens. Cet appel au secours dans le verset marque un moment de vulnérabilité et de transparence extrême avec Dieu, où l'on cherche à réconcilier ce que l'on sait de sa puissance avec ce que l'on voit de sa douleur. Notre expérience spirituelle au sommet d'une montagne semble parfois si lointaine dans ces moments de crise. Sommes-nous trop fiers pour prier : « Je crois, aide-moi, car j'ai de la peine à croire !  »

De ces expériences, les croyants peuvent tirer plusieurs enseignements essentiels. Premièrement, reconnaître et accepter ses doutes peut être un acte de foi en soi, car il nécessite de se tourner vers Dieu même dans la confusion. Deuxièmement, ces moments de sincérité brutale peuvent déboucher sur une expérience plus profonde de la grâce et de la présence divine, révélant que la foi n'est pas statique, mais évolutive, se renforçant souvent après avoir été éprouvée. Enfin, l’église jouent un rôle crucial dans le soutien à travers ces vallées de doute, rappelant que la foi se vit et se renforce aussi collectivement.

Bonne journée sous le bienveillant regard de l’Éternel !

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog