LA RICHESSE 

Mercredi 21 août 2024

Semaine 8 : Enseigner aux disciples: 2ème partie

Thème général : L’évangile de Marc


L'histoire du jeune homme riche suit immédiatement la bénédiction prononcée par Jésus sur les tout-petits. Il est fort probable que ce jeune homme ait été présent parmi la foule, ayant observé Jésus prendre les enfants dans Ses bras et les bénir. Par la suite, Jésus aborda le sujet de l'accès au royaume de Dieu. Peut-être que la compassion manifestée par Jésus envers les enfants avait ému le jeune homme, éveillant en lui une question qui surgit d'un cœur touché à ce moment-là par la miséricorde du Sauveur. L’approche de l’homme indique sa sincérité et son respect pour Jésus. Il accourut, s’agenouilla devant Lui et posa une question centrale sur la destinée de chaque âme : « Bon Maître, Que dois-je faire pour hériter la vie éternelle » (Mc 10:17) ? Dans cette question, Marc relie deux idées : le fait d’hériter la vie éternelle, et le royaume de Dieu.

« Pourquoi m’appelles-tu bon ? lui répondit Jésus. Personne n’est bon, sinon Dieu seul » (Mc 10:18). Jésus interpelle l’homme qui l’appelle « bon » afin de l'amener à réfléchir sur Son identité divine. Il s'agit d'une invitation implicite à se demander si Jésus est véritablement Dieu.

Jésus répondit ensuite en se référant à la deuxième table du décalogue : « … Tu ne commettras point d'adultère ; tu ne tueras point ; tu ne déroberas point ; … » Si vous croyez à la justice par la foi seule, vous observerez qu’en mentionnant l'observance des dix commandements dans Marc 10:19, Jésus semble donner une réponse terrible à la question du jeune homme riche concernant les conditions requises pour obtenir l’accès au royaume de Dieu. Une fois de plus, cet homme manifesta son idéalisme en affirmant avoir observé tous ces préceptes depuis sa jeunesse.

L’histoire du jeune homme riche nous fait remarquer que les héritiers du royaume de Dieu ont une forte connaissance de Sa loi et des Écritures. Dieu aime ceux qui suivent Ses instructions. Mais l’obéissance seule ne suffit pas à assurer l’entrée dans le royaume de Dieu. Dans Marc 10:21, Jésus identifie un point important qui renforce les principes qu’Il avait enseignés dans la scène avec les petits enfants : « Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit: Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. » Jésus aima le jeune homme et apprécia Son allégeance à la loi de Dieu. Cependant, le jeune homme ne croyait pas au royaume de Dieu et à tout ce que cela impliquait. Seule une personne qui accepte et croit au royaume de Dieu peut y entrer. Le jeune homme riche n’y croyait pas; ou à tout le moins, n’était pas disposé à y croire ou à l’accepter. Jésus testa sa sincérité en lui demandant de tout vendre et de Le suivre. L’homme partit tout triste parce qu’il avait de grandes possessions. En effet, il n’observait pas vraiment les commandements. Il violait le premier commandement, en plaçant quelque chose au-dessus de Dieu dans sa vie. Ses richesses étaient son idole.

 

Marc 10:20-21 présente un ajout apparemment inattendu aux commandements. Aucun des Dix Commandements n’exige explicitement que nous vendions « tout ce que nous avons » pour le donner aux pauvres. Certains commentateurs, tel E. W. Bullinger, ont tenté d’associer cet ajout de Jésus au dixième commandement relatif à la convoitise, bien que cela semble incorrect. Ce jeune homme était riche. D’après les informations qui nous sont données, il ne convoitait pas ce que les autres possédaient. En réalité, Jésus souligne ici l'attachement excessif du jeune homme à ses biens, plutôt qu'une transgression directe d'un commandement spécifique.

En lisant plus loin, dans Marc 12:30-31, Jésus enseigne que l’amour du prochain doit être égal à l'amour que l'on se porte à soi-même. Il n'est pas demandé de tout sacrifier pour les autres au point de se négliger, mais plutôt de trouver un équilibre dans le partage. D'autres enseignements bibliques, comme celui de la dîme (Malachie 3:10), illustrent que Dieu permet de conserver une part importante (90%) de ses biens. Les disciples sont stupéfaits par l'enseignement de Jésus sur les richesses (Mc10:22-26). Leur étonnement est compréhensible, car l'Ancien Testament, notamment dans Deutéronome 28, associe l'obéissance à Dieu à la prospérité et la désobéissance à la pauvreté. Selon cette perspective, la richesse est souvent perçue comme un signe biblique d'obéissance.

 

 Les riches sont sauvés de la même manière que tous les autres – Dieu rend possible l’impossible par la vie, la mort et la résurrection de Jésus à notre place. Marc 10:27 souligne que le salut, y compris pour les riches, n'est possible que par l'intervention divine. « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. » Cette parabole de Marc 10:25 révèle que la confiance en la richesse est un obstacle à la foi en Dieu. Se fier à ses richesses ou à l'observation des commandements pour obtenir le salut est vain, car seul Dieu est parfait. Le salut ne dépend ni des œuvres ni de la richesse, mais uniquement de ce que Jésus a accompli pour l'humanité.


Le jeune homme riche, tout comme certains disciples de Jésus, avait conceptualisé le royaume de Dieu en termes terrestres, avec la richesse et le pouvoir comme principales composantes. On pourrait dire qu’il était déjà citoyen d’un « grand royaume » sur cette terre; c’est-à-dire le royaume de Mammon ou des richesses. « car il avait de grands biens » (Mc 10:22). Mais, même si le jeune homme riche croyait aux Écritures, il n’était pas disposé à se détacher de « son propre royaume ». On peut soutenir qu’il ne croyait pas que le royaume de Dieu puisse finalement lui apporter la meilleure vie qu’il recherchait. La question dans ce récit n’est pas celle de la moralité de la richesse, mais plutôt celle de la priorité que ceux qui affirment croire en Jésus accordent à Son royaume.


L'histoire du jeune homme riche est souvent utilisée pour affirmer que les riches ont peu de chances d'accéder au paradis. Cependant, cela va au-delà de cette simple interprétation. Il s'agit en réalité d'une question de perspective. L'homme riche percevait la vie éternelle comme une simple prolongation de ce qu'il possédait déjà. C'est une répétition de l'histoire du fermier qui construisit de plus grands greniers. Il aspirait à davantage que ce qu'il possédait déjà. Jésus, voyant clair dans cette manière de penser, lui dit que cela n'était pas suffisant. Il lui fit comprendre qu'il devait affronter la discontinuité entre le présent et l'éternité. Cette exigence était trop grande pour lui. L'homme riche souhaitait préserver le statu quo tout en obtenant encore plus.


Dans Marc 12:30-31 évoqué plus haut, il apparaît que le jeune homme riche a laissé ses possessions s'interposer entre lui et l'obéissance à Jésus. Jésus n’a pas modifié les exigences des Dix Commandements, mais a mis en lumière la question fondamentale de la confiance en Dieu versus la confiance en ses propres ressources. Pierre semble adopter une posture similaire à celle du jeune homme riche en soulignant ses propres sacrifices pour suivre Jésus (Marc 10:28) - « Voyez ce que j’ai fait pour gagner le ciel. Est-ce suffisant ? » Cette attitude suscite la question de savoir si ces sacrifices suffisent pour atteindre le salut.


 Dans Marc 10:29-30, Jésus affirme que ceux qui le suivent recevront « cent fois plus » dans cette vie (maintenant), ainsi que la vie éternelle. Si nous plaçons Dieu en premier, si nous lui faisons confiance, nous devons nous attendre à un rendement au centuple. L’argent est en sécurité dans les mains de ceux qui font confiance à Dieu et non à leur argent. Cette déclaration semble résonner avec Deutéronome 28, mais Jésus clarifie que la prospérité matérielle n'est pas l'objectif ultime. La véritable richesse réside dans les bénédictions divines qui découlent de la foi, bien que cela puisse s’accompagner de persécutions. Nous savons ce que sont devenus les disciples. Ils ne sont pas devenus riches, mais ils ont été persécutés. Comment expliquer le centuple pour eux ? Il s’agit de certains des hommes les plus célèbres de l’histoire du monde. De plus, ils ont reçu la joie de suivre les pas de Jésus.


« Beaucoup de ceux qui sont maintenant les premiers seront parmi les derniers, et beaucoup de ceux qui sont maintenant les derniers seront parmi les premiers » (Marc 10:31).  Jésus utilise-t-il le terme « beaucoup » par opposition à « tous » qui sont les premiers et qui seront les derniers. Ce passage souligne que, dans le royaume de Dieu, les valeurs sont renversées : Cela signifie que la confiance en Dieu plutôt qu'en soi-même est la clé des bénédictions divines.


N'est-il pas intéressant de constater que Jésus demanda au "Jeune Homme Riche" de vendre tout ce qu'il possédait, de le donner aux pauvres et de le suivre, alors qu'il ne fit jamais la même demande à Zachée ? Certes, Zachée n'était pas aussi riche que le Jeune Homme Riche, ni même un dirigeant, mais il était tout de même un "collecteur d'impôts fortuné". Cependant, Zachée a offert ses biens de lui-même, sans même qu'on ne le lui demande.


Il est facile pour nous d'appliquer cela aux personnes riches. La plupart d'entre nous possédons des biens plutôt ordinaires, ce qui nous met à l'aise pour pointer du doigt les riches. Cependant, Jésus évoque fréquemment ceux qui se croient spirituellement riches et pensent n'avoir besoin de rien. Il parle du collyre nécessaire pour voir notre véritable condition spirituelle. Est-il possible que nous nous croyions riches en matière d'Évangile tout en nous trompant nous-mêmes ?


Bonne journée sous l’aile bienveillante de l’Éternel !

 

 

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