LE PRIX DU DISCIPULAT

Mardi 13 août 2024

Semaine 7 : Enseigner aux disciples: 1ère partie

Thème général : L’évangile de Marc

Texte à méditer :

« Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive » (Marc 8 :34).

Après que Pierre, dans Marc 8:29, ait identifié Jésus comme étant le ho Christos, le Christ (avec un article défini), le Messie, l’Oint (Danker, et al., A Greek-English Lexicon of the New Testament and Other Early Christian Literature, p. 1091.), Jésus commença à révéler quelques étapes futures de Son voyage. « Alors il commença à leur apprendre qu’il fallait que le Fils de l’homme souffrît beaucoup, qu’il fût rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât trois jours après » (Mc 8:31). Jésus voulait que Ses disciples comprennent pleinement Sa vie sur terre. Il souffrirait pendant Son ministère, mourrait, puis ressusciterait.

Les disciples, et Pierre en particulier, étaient parvenus à la conclusion que Jésus était effectivement le Messie. Ils attendaient avec impatience l'accomplissement des prophéties juives, où ils chasseraient les Romains et établiraient un royaume terrestre. Ils se voyaient déjà en position privilégiée, probablement investis de pouvoirs et d'influence dans le Royaume de Dieu. La messianité de Jésus était en harmonie avec la perspective eschatologique de l’évangile : Il était Celui que Dieu avait envoyé pour racheter Israël.

Marc 8:32-33 introduit une conversation privée entre Pierre et Jésus. Pierre, selon Marc, avait commencé à réprimander Jésus. Mais Matthieu est plus éloquent en ce qui concerne le point de vue de Pierre sur le dessein de Jésus : « à Dieu ne plaise, Seigneur! Cela ne t’arrivera pas » (Mt 16:22). Jésus, leur Messie, leur parlait de souffrance, de persécution et de mort. Ce n'est pas ce qu'ils voulaient entendre. Pierre, enthousiaste, ne voulait rien entendre. Il voulait que sa vision du Messie s'accomplisse. Jésus dût appliquer un traitement de choc. Sa réponse à Pierre fut d’une sévérité étonnante : « Arrière de moi, Satan! car tu ne conçois pas les choses de Dieu, tu n’as que des pensées humaines » (Mc 8:33). En d’autres termes, Pierre n'avait aucune idée de la façon dont Dieu fonctionne.

Pourquoi Jésus avait-Il réagi ainsi envers Pierre? Pour la simple raison que Pierre avait abordé l’aspect essentiel de Sa vie et de Son ministère : le plan de Dieu pour la rédemption. Jésus n’avait jamais permis à quiconque d’interférer avec le plan de Dieu, même si une telle ingérence était déguisée en « bonnes » intentions. Jésus donnait aux gens l’occasion de discuter avec Lui de manière antagoniste. Il tolérait l’insulte. Il était blessé sans Se plaindre. Mais il y a une chose que Jésus n’avait jamais permise : l’entrave, ou la tentative délibérée, d’arrêter ou d’avorter le plan du Père pour Sa vie.

Le plan du Père était la motivation de Jésus ; c’était la raison de Sa vie. Le plan du Père pour Sa vie était plus important que Sa subsistance physique : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jn 4:34; Mc 6:31). C’est le plan de Dieu qui soutenait la vie de Jésus; en dehors de cela, toutes les autres choses étaient secondaires. La vie de Jésus était parfaitement soumise à la volonté de Dieu. De la même manière, les disciples de Jésus ne peuvent déclarer être vraiment à Lui que lorsqu’ils mènent une vie centrée sur Dieu et centrée sur Son plan pour leur rédemption.

Les disciples de Jésus étaient appelés à avoir le même but que Lui: prendre la croix et Le suivre. La crucifixion était la méthode d’exécution romaine la plus cruelle, la plus humiliante et la plus intimidante. Tout le monde voulait éviter la croix. Alors, pourquoi quelqu’un voudrait-il prendre la croix comme symbole de sa dévotion à Jésus?

Jésus expliqua non seulement le prix du discipulat, mais aussi sa grande valeur. Dans le paradoxe de la foi chrétienne, perdre sa vie devient le moyen de la retrouver. En revanche, gagner le monde entier mais perdre la vie éternelle est absurde. « Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle » (Jn 12:25). Le missionnaire Jim Elliott l’a si élégamment exprimé dans son journal du 28 octobre 1949, « Ce n’est pas insensé de donner ce qu’on ne peut garder pour gagner ce qu’on ne peut perdre. »

Cette déclaration de Jésus met en lumière le paradoxe de la vie chrétienne : ce que nous tenons en haute estime, ce que nous cherchons à préserver à tout prix dans ce monde – notre confort, nos ambitions, notre réputation – peut devenir un obstacle à l’authenticité de notre foi et à notre relation avec Dieu. En revanche, lorsque nous sommes prêts à « haïr » notre vie dans ce monde, c’est-à-dire à relativiser son importance par rapport à la vie en Christ, nous nous alignons sur une perspective qui transcende les préoccupations terrestres et nous oriente vers la vie éternelle.

Vivre la réalité de ces paroles implique un exercice constant de détachement. Il s'agit de renoncer à la tentation de se conformer aux attentes de la société, qui valorise souvent le succès matériel, le pouvoir, ou l’approbation des autres, au détriment de valeurs plus profondes comme l’intégrité, l’humilité, et la recherche de la volonté divine.

Il y a des moments où l’on est confronté à des choix difficiles, où suivre le Christ signifie aller à l’encontre de ce que le monde (y compris notre famille, et parfois les membres de notre église) considère comme des réussites. Cela nécessite parfois de renoncer à des opportunités qui semblent prometteuses aux yeux du monde, mais qui ne sont pas en accord avec nos convictions spirituelles. Dans ces situations, le « haïr sa vie » se manifeste par un engagement à préférer les valeurs du Royaume de Dieu aux gains temporaires de ce monde.

Cependant, ce renoncement n’est pas un rejet de la vie en soi, mais plutôt un rejet de l’idolâtrie du moi et du matérialisme. C'est choisir chaque jour de mettre Christ au centre, de vivre selon ses enseignements, même si cela implique des sacrifices personnels. Avec le temps, l’on découvre, comme Pierre et les autres disciples plus tard, que cette attitude apporte une paix intérieure et un sens de l'accomplissement qui dépasse largement les satisfactions éphémères que ce monde peut offrir.

En fin de compte, la véritable vie – celle qui est en Christ – se révèle et se conserve précisément dans cet abandon, où l’on trouve une liberté et une joie profondes en dépit des renoncements apparents. C’est un chemin exigeant, mais qui mène à la plénitude de la vie éternelle, que Jésus promet à ceux qui choisissent de le suivre sans réserve.

Tout lecteur averti de l'Évangile reconnaîtra que Pierre n'a véritablement saisi le message qu'après la crucifixion de Jésus. Nous le voyons dégainer une épée lors de l'arrestation du Christ, se tenir en retrait lors des procès, et finalement trébucher dans les ténèbres sans avoir pleinement saisi la portée des événements. Il retourne ensuite à son ancienne occupation de pêcheur, où Jésus l'appelle à nouveau. C'est à ce moment-là que Pierre comprend enfin la véritable nature du Royaume de Dieu. L'histoire de Pierre est une source d'inspiration. Il pensait être sur la bonne voie avec cette histoire de Messie, mais il avait encore beaucoup à apprendre, et certains de ces apprentissages ont été très douloureux. Il a dû désapprendre beaucoup de choses. Que devons-nous désapprendre ?

Bonne journée sous l’aile bienveillante de l’Éternel !

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