LES ENFANTS : ACCUEIL, BÉNÉDICTION ET LEÇON DE FOI 

Mardi 20 août 2024

Semaine 8 : Enseigner aux disciples: 2ème partie

Thème général : L’évangile de Marc

Texte à méditer :

« Laissez les enfants venir à moi ! Ne les en empêchez pas, car le règne de Dieu appartient à ceux qui leur ressemblent » (Marc 10 :14).

Comme dans les chapitres précédents de l’Évangile de Marc, le thème du Royaume de Dieu demeure central au chapitre 10, que nous explorons cette semaine. Toutefois, l’auteur aborde ici une question connexe, celle de l’accès au Royaume : comment les hommes peuvent-ils entrer dans le Royaume de Dieu ? À quel point est-il difficile pour les gens de le faire? Marc incarne cette interrogation à travers deux questions fondamentales : « Que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » (Mc 10:17) et « Qui peut être sauvé ? » (Mc 10:26). En essence, ces deux questions convergent vers une même réflexion : qui est digne d’entrer dans le Royaume de Dieu ? Les réponses à ces interrogations réaffirment l’importance primordiale que Jésus accordait au Royaume de Dieu dans l’ensemble de Sa prédication.


Dans Marc 10:13-16, il est rapporté que des personnes amenèrent des enfants à Jésus pour qu'Il les touche, mais les disciples les réprimandèrent. À cette vue, Jésus manifesta Son indignation et déclara : « Laissez venir à moi les petits enfants … car le Royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. » Ensuite, Jésus témoigna d'une bienveillance particulière envers les enfants, les accueillant avec tendresse et les bénissant. À l'égard de ceux qui avaient conduit les enfants à Lui, Jésus manifesta une réprobation claire envers les disciples qui cherchaient à les en éloigner. Il exprima son mécontentement face à leur comportement, les exhortant à laisser les enfants venir à Lui. Jésus les prit ensuite dans Ses bras, les bénit, témoignant ainsi Son approbation et Son amour non seulement pour les enfants, mais également pour ceux qui les avaient conduits à Lui. Il ajouta : « En vérité, je vous le dis, quiconque ne recevra pas le Royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera point » (Marc 10:15).

 

Bien que les enfants fussent très désirés dans l'Antiquité, en particulier les garçons dans les cultures patriarcales, la naissance et l'enfance demeuraient des étapes périlleuses. En l'absence de soins médicaux modernes, les risques étaient élevés tant pour les mères lors de l'accouchement que pour les nouveau-nés, les nourrissons, et les enfants en général. Dans de nombreuses cultures, on recourait à des remèdes traditionnels et à des amulettes pour protéger ces êtres vulnérables contre les forces malveillantes. La réputation de Jésus en tant que guérisseur et figure spirituelle aurait pu les inciter à voir en Lui une source de bénédiction et de protection supérieure, surpassant les pratiques traditionnelles. Ainsi, il est plausible que les parents aient perçu le toucher de Jésus sur leurs enfants non seulement comme une bénédiction spirituelle, mais aussi comme une forme de protection divine contre les dangers physiques et spirituels auxquels ceux-ci étaient exposés.

 

Cependant, malgré ce désir d'enfants, leur statut social restait inférieur, comparable à celui des esclaves, comme le rappelle Galates 4:1-2. Dans le monde gréco-romain, les enfants déformés ou jugés indésirables étaient souvent abandonnés, voire jetés dans une rivière. Les garçons étaient davantage valorisés que les filles ; ainsi, il n'était pas rare que des bébés filles soient exposées à la mort. Dans certains cas, ces enfants abandonnés étaient « recueillis », mais seulement pour être élevés et ensuite vendus comme esclaves.

 

Les disciples semblaient n’avoir pas saisi pleinement l’enseignement de Jésus, tel qu’exposé dans Marc 9, sur la nécessité de recevoir le Royaume de Dieu comme le fait de recevoir un petit enfant (Mc 9:33-37). C’est ainsi qu’ils réprimandèrent ceux qui avaient amené des enfants à Jésus pour qu’Il les bénisse, supposant peut-être que cette tâche fût trop insignifiante pour mériter Son attention.

 

Cependant, ils se trompaient, et Jésus manifesta Son indignation face à leur comportement. Tout au long de l'Évangile de Marc, Jésus réagit de manière frappante aux attitudes et actions des gens, et l’une de ces réactions marquantes se produisit précisément lorsque les disciples tentèrent d’éloigner les enfants de Lui. Cela est particulièrement instructif. Jésus insista fermement sur l’importance de ne pas empêcher les enfants de venir à Lui, car, expliqua-t-Il, le Royaume de Dieu leur appartient. Il souligna que pour entrer dans ce Royaume, il est nécessaire d’adopter l’attitude et la perspective d’un enfant, faisant sans doute référence à une confiance simple et implicite en Dieu.

 

Ainsi, pour entrer dans le Royaume de Dieu, il est nécessaire d’accepter celui-ci avec la confiance et la foi implicites d’un petit enfant. Les parents en conviendront : lorsqu’ils offrent des cadeaux à leurs enfants, ces derniers ne se demandent pas ce qu’ils doivent faire pour mériter ces présents. Ils tendent simplement la main et reçoivent le don avec joie. Jésus désire voir ce même élan de spontanéité et d’acceptation dans le cœur de Ses auditeurs lorsqu’ils répondent à Son message et au Royaume Lui-même.

 

La langue grecque soutient cette interprétation. Le verbe traduit par « recevoir » dans ce passage (Marc 10:15) provient du mot grec dechomai, qui signifie « saisir quelque chose », « recevoir facilement des informations et les considérer comme vraies – recevoir avec facilité, accepter, croire » ; « accepter la présence d’une personne avec bienveillance », « accueillir ». (Johannes P. Louw et Eugene Albert Nida, Greek-English Lexicon of the New Testament: Based on Semantic Domains, vol. 2, New York: United Bible Societies, 1989, pp. 220, 372, 453). En d’autres termes, Jésus indiquait à Ses disciples, ainsi qu’à l’ensemble de Ses auditeurs, que pour entrer dans le Royaume, ils doivent croire en ce Royaume, l’accueillir, et le recevoir avec l’enthousiasme d’un petit enfant face à un don. En résumé, nous pouvons entrer dans le Royaume de Dieu en acceptant la bonne nouvelle qui le concerne. En croyant à cette bonne nouvelle, nous faisons nôtre le Royaume.

 

Dans notre cheminement spirituel, il est essentiel de reconnaître que certains parmi nous demeurent encore des "enfants en Christ", à l'image de ces petits que Jésus a accueillis avec tendresse. Ces jeunes croyants, vulnérables et dotés d'une foi en pleine maturation, sont particulièrement sensibles aux influences de ce qu'ils entendent et voient. Il est donc impératif de leur offrir une nourriture spirituelle saine, propre à fortifier leur foi et à les guider sur le chemin de la vérité.

 

Une parole maladroitement exprimée, une exagération ou une approche trop rigide peut semer la confusion, voire détourner ces âmes en croissance de la vérité de l'Évangile. En tant ‘qu'adultes,’ nous portons la responsabilité de leur révéler le caractère infiniment attrayant de Jésus, de leur faire comprendre qu'Il les aime profondément et qu'Il est la personne la plus sûre à laquelle ils peuvent se confier. Jésus est irrésistiblement attirant ; que nos paroles et nos actions ne donnent jamais à ces jeunes croyants une impression contraire. Puissions-nous, en tant qu'adultes, veiller à ce que rien de ce que nous disons ou faisons n'obscurcisse cette vérité lumineuse.

Puissions-nous, dans notre marche chrétienne, retrouver cet état d'enfants, embrassant la simplicité, la confiance, et l'amour authentique, qui sont les clés pour entrer dans le Royaume de Dieu.

Bonne journée sous l’aile bienveillante de l’Éternel !

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