L'HEURE DE LA RÉVÉLATION
Lundi 26 août 2024
Semaine 9 : Controverses
à Jérusalem
Thème
général : L’évangile de Marc
Texte à méditer : « Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Béni soit le règne qui vient … Hosanna dans les lieux très hauts! » ( Marc 11:9-10).
Dans l'Évangile selon Marc (Mc 11.1-2), il est relaté
un épisode particulier où Jésus, en approchant de Jérusalem, envoie deux de ses
disciples en mission : « Allez au village qui est devant vous ; dès que vous y serez
entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme
ne s'est encore assis; détachez-le, et amenez-le.» Cet événement évoque des souvenirs de
« chasse au trésor ». Lors de ces jeux, une liste d'objets spécifiques est
établie, et les participants, organisés en équipes, se lancent dans une quête
pour retrouver ces objets et les rapporter. La première équipe à compléter la
liste remporte la victoire.
Toutefois,
dans ce passage biblique, il ne s'agit point d'une telle quête. Jésus, avec une
précision remarquable, indique aux disciples l'emplacement exact où se trouve
un petit âne, précisant même que cet animal n'a jamais été monté auparavant.
Cette exactitude dans les instructions de Jésus invite à s'interroger. Le récit démontre en effet la puissance prophétique de
Jésus, rehaussant la dignité de Son arrivée et la reliant à la volonté de Dieu.
En
poursuivant la lecture (Marc 11.3-6), une question se pose : si l’on était
témoin de cet événement, pourrait-on croire qu’il s’agisse d’un vol en cours ?
Selon le commentaire biblique de John MacArthur, il apparaît que Jésus jouissait d’une grande renommée dans
la région. Ainsi, lorsqu’il est précisé que l’âne est destiné à Jésus, ceux
qui auraient pu s’y opposer acceptent volontiers cette explication.
« Ils
amenèrent l'ânon à Jésus ; ils posèrent leurs manteaux sur l'animal, et Jésus
s'assit dessus. Beaucoup de gens étendirent leurs manteaux sur le chemin, et
d'autres y mirent des branches vertes qu'ils avaient coupées dans la campagne.
Ceux qui marchaient devant Jésus et ceux qui le suivaient criaient : « Hosanna ! Que Dieu bénisse celui qui vient
au nom du Seigneur ! Que Dieu bénisse le règne qui vient, le règne de David
notre père ! Hosanna au plus haut des cieux ! » (Marc 11.7-10).
Ce passage trouve un écho direct dans le livre de Zacharie (Zacharie 9:9-10),
où il est prophétisé que le roi ferait son entrée à Jérusalem monté sur un âne.
Cette scène évoque également un épisode marquant de l'histoire d'Israël, où
Salomon, fils de David, entra à Jérusalem sur un âne (1 Rois 1:32-48). Cet
événement s’inscrivait dans un contexte de crise dynastique, alors qu'Adonija
tentait de s'emparer du trône. En réponse, le roi David ordonna le couronnement
immédiat de Salomon, réaffirmant ainsi la légitimité de sa succession.
« C’est ainsi que le prophète Zacharie
avait annoncé la venue du Roi d’Israël, cinq siècles avant la naissance du
Christ. Cette prophétie va maintenant s’accomplir. Après avoir si longtemps refusé les honneurs de la royauté, Jésus vient à
Jérusalem comme l’héritier promis du trône de David. » Jésus-Christ, p. 564.
En examinant les versets suivants (Marc 11.7-10,
Psaumes 118.26, et Luc 19.38-40), il est crucial de se rappeler que c’est Jésus
lui-même qui initie cet événement. Par cette action, Jésus envoie un message clair aux habitants
de Jérusalem : il se présente comme le Messie. Cette déclaration
suscite l’indignation des chefs juifs, qui considèrent cette affirmation comme
répréhensible. En réponse, Jésus souligne la nature surnaturelle de ce message,
affirmant que même les pierres
crieraient si ses disciples se taisaient.
La ville
historique de Jérusalem reçut le Messie sans grande fanfare de la part de ses
chefs religieux et des érudits de la nation. Jésus était sur un ânon, et Il
n’était pas reconnu comme un roi par ceux qui jugeaient par Son apparence
extérieure. La ville entière était émue par Son entrée, chacun reconnaissant la
signification de Son action symbolique. La foule qui accompagnait Jésus criait
hosanna, un terme signifiant à l’origine « sauve maintenant », mais qui finit
par signifier « louange à Dieu ». Certains, à l’instar des disciples,
criaient avec une émotion joyeuse à propos de l’avènement du royaume.
Enfin, dans
Marc 11.11, une scène apparemment anti climatique est décrite : après son
entrée triomphale, Jésus se rend au
temple et, après avoir observé les lieux, se retire. Contrairement aux
apparences, il ne s’agit point d’une simple visite touristique. Au contraire, Jésus procède à une inspection minutieuse du temple,
dont les conséquences seront révélées dans les événements à venir. En effet, le temps
du secret, sur lequel Jésus avait insisté pendant la majeure partie de Marc, était
révolu. L’heure de la révélation avait sonné. Maintenant, Jésus entra
ouvertement à Jérusalem en exécutant une action royale symbolique bien connue. Il entra dans le
temple, mais comme il était tard dans la journée, Il
fit simplement des observations autour de Lui et Se retira avec les douze
disciples à Béthanie. Ce qui aurait pu se transformer en émeute ou en révolte
s’était plutôt terminé par Sa retraite tranquille. Mais le lendemain serait
différent.
Il
est profondément ironique que cette ultime semaine de la vie de Jésus commence
sous les acclamations enthousiastes de la foule pour se terminer par un rejet
tout aussi retentissant. Il ne fait guère de doute que certains de ceux qui,
lors de l'entrée triomphale, louaient Jésus avec ferveur, furent parmi ceux
qui, à la fin de la semaine, criaient « Crucifiez-le ! » Telle est la nature
capricieuse des émotions populaires et de la loyauté des foules.
En reprenant la
métaphore de la vague utilisée hier, l'entrée triomphale de Jésus représente le
sommet de cette vague, tandis que la crucifixion incarne l'ultime déferlement
de cette même vague sur un rivage rocailleux. Certains critiques ont avancé que
Jésus avait pour intention de surfer sur cette vague de popularité pour mener
les Juifs à la victoire, mais que son plan aurait échoué, prouvant ainsi qu'il
n'était pas le Messie. Toutefois, cette analyse se révèle bien superficielle.
En réalité, les enseignements de Jésus, que nous avons explorés tout au long de
ce trimestre, révèlent qu'il s'est efforcé de souligner que son message messianique
ne concernait nullement l'établissement d'un royaume terrestre destiné à
vaincre les Romains et à régner sur la terre. Son message portait plutôt sur le
sacrifice, l'amour désintéressé, et le service aux autres.
Le moment
crucial d'un changement de paradigme
dans notre compréhension de la signification du salut se manifeste au cours
de cette semaine précédant la crucifixion. Ce bouleversement radical interpelle
notre propre position, deux mille ans plus tard : de quel côté de ce changement
de paradigme nous situons-nous véritablement ?
Cette
interrogation découle de l'idée que, parfois, notre engagement dans les
interprétations doctrinales, l'histoire religieuse, et les modes de vie qui en
découlent, nous détourne de l'essentiel : notre
relation vivante avec Jésus-Christ. Ne sommes-nous pas, en effet, en
train de chercher à rester sur la crête d'une vague spirituelle alors même que
celle-ci s'est déjà brisée sur le rivage de notre expérience de foi ?
Puisse cette journée s'écouler sous la douce
bienveillance de l'Éternel !
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