QUE VEUX-TU QUE JE FASSE POUR TOI ?
Vendredi 23 août 2024
Semaine 8 : Enseigner aux disciples: 2ème partie
Thème général : L’évangile de Marc
« Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! » (Marc 10:47b)
Imaginez un instant un voyageur perdu dans le désert, épuisé, affamé, et sans espoir. Soudain, un guide apparaît devant lui, lui offrant tout ce dont il pourrait avoir besoin pour survivre. Le guide pose alors cette même question : « Que veux-tu que je te fasse ? » Le voyageur pourrait demander de l'eau, de la nourriture, ou un moyen de retrouver son chemin. Mais ce qu'il choisit de demander révélera non seulement ses besoins immédiats, mais aussi sa vision du monde et son espoir pour l'avenir.
Dans l'Évangile de Marc (Mc 10:46-52), Bartimée, un mendiant aveugle, réagit au passage de Jésus avec une foi et une détermination remarquables. Lorsqu'il apprend que Jésus de Nazareth passe près de lui, Bartimée commence à crier : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! » Malgré les réprimandes de la foule qui tente de le faire taire, Bartimée crie encore plus fort, déterminé à attirer l'attention de Jésus.
Conformément au motif de la révélation et du
secret du livre, la foule jouait le rôle de ceux qui appelaient au silence
alors qu’ils tentèrent sans succès de calmer le mendiant bruyant. Mais Bartimée
ne se laissa pas décourager et cria encore plus fort: « Fils de David, aie
pitié de moi! » (Mc
10:48). Ses paroles, « Fils de David », sont à la fois une
confession de foi en Jésus en tant que Messie et la confiance qu’Il peut le
guérir. Le titre de « Fils de David » à l’époque de Jésus avait deux concepts
qui lui étaient liés : la restauration d’un roi sur le trône d’Israël (comparez
à Esaïe 11; Jer 23:5-6; 33:15; Ez 34:23-24; 37:24; Mi 5:2-4;
Zac 3:8; 6:12), et le fait que ce personnage serait un guérisseur et un
exorciste.
À
l'époque de Jésus, le statut des aveugles était particulièrement précaire et
marginalisé dans la société juive. Les aveugles, comme d'autres personnes
atteintes de maladies ou de handicaps visibles, étaient souvent perçus comme
étant sous le coup d'une malédiction divine ou d'un châtiment pour des péchés personnels
ou ancestraux. Cette perception était ancrée dans une interprétation littérale
des Écritures, où les maladies et les infirmités étaient parfois considérées
comme des conséquences du péché. Les
aveugles à l’époque de Jésus étaient classés au bas de la société, avec les
veuves et les orphelins. Il s’agissait d’individus en dessous du niveau de
subsistance et en danger réel.
Cependant, dans l'Évangile, Jésus adopte une attitude radicalement différente envers les aveugles
et les autres personnes marginalisées. Jésus s’arrêta et leur dit d’appeler l’aveugle. De manière
significative, l’aveugle jeta son manteau alors qu’il venait à Jésus. Le
manteau de Bartimée était probablement un
vêtement indispensable à sa survie. Dans le contexte historique et social
de l'époque, les aveugles, comme d'autres mendiants, se couvraient de manteaux
qui leur servaient non seulement de protection contre les intempéries, mais
aussi de lieu où ils recueillaient les aumônes des passants. Abandonner son
manteau au moment où il se lève pour aller vers Jésus est un acte significatif.
En jetant son manteau de côté, Bartimée laisse derrière lui ce qui était probablement
son bien le plus précieux et la seule sécurité matérielle qu'il possédait.
Ce geste exprime sa foi et sa détermination à rencontrer Jésus, dans l'espoir
d'une guérison physique et spirituelle, une transformation totale de sa vie. Le manteau était la sécurité de
l’homme. Le laisser derrière lui signifiait qu’il avait la foi que Jésus le
guérirait.
Jésus
ne manque jamais de répondre à ceux qui s'adressent à Lui avec foi. En effet,
dans les Évangiles, toute personne qui vient à Lui en quête d’aide trouve
toujours une réponse à ses besoins. Lorsqu'il se retrouve en présence du
Christ, Bartimée, sollicité par la question : « Que veux-tu que je fasse
pour toi ? » — la même question que Jésus avait auparavant posée à Jacques
et Jean dans Marc 10:36 —, exprime simplement son désir le plus profond : «
Maître, que je recouvre la vue. » Par la puissance de sa foi, Bartimée
reçoit immédiatement la guérison, car Jésus lui déclare : « Va, ta foi t'a
sauvé. » Retrouvant aussitôt la vue, Bartimée, empli de gratitude et de
dévotion, se joint à Jésus sur le chemin, témoignant ainsi de sa transformation
intérieure autant que physique.
En
guérissant les aveugles, Jésus rétablit leur place dans la société et leur
accès à la communauté religieuse. Il inverse les rôles en faisant des marginaux
les témoins privilégiés de sa mission messianique. La guérison des aveugles
devient ainsi un signe du Royaume de Dieu, où les derniers sont les premiers,
et où ceux qui étaient autrefois rejetés
sont accueillis et restaurés dans toute leur dignité humaine.
Ce
récit marque la conclusion de la section consacrée au discipulat dans
l'Évangile de Marc, clôturant ainsi une séquence narrative qui avait débuté
avec l'autre guérison d'un aveugle, relatée dans Marc 8:22-26. Ces deux
épisodes illustrent de manière éloquente que le discipulat implique une nouvelle manière de percevoir le monde, une
vision renouvelée qui, bien que parfois imparfaite au départ, s'affine
progressivement à mesure que l'on suit Jésus sur le chemin qu'Il trace pour ses
disciples.
DE LA
RESTAURATION VISUELLE À LA GUÉRISON SPIRITUELLE.
Il y a
environ une douzaine d'années, un décollement de la rétine à l'œil gauche d’un
patient a conduit au développement d'une cataracte, nécessitant ainsi le
remplacement du cristallin. Une fois la vision restaurée dans les deux yeux,
une différence notable de teinte a été observée : l'œil traité percevait une
vision beaucoup plus bleutée, tandis que l'autre œil affichait des tons
nettement jaunâtres. Ce phénomène a été expliqué par le chirurgien
vitréo-rétinien lors de la visite de suivi, soulignant que le jaunissement du cristallin avec l'âge
passe souvent inaperçu en l'absence d'un point de comparaison.
L'exemple des œuvres de Van Gogh, qui montrent un jaunissement progressif au
fil du temps, illustre ce phénomène.
Cette
différence de perception des couleurs permet de passer aisément du jaune au bleu
en fermant un œil ou l'autre. La vision de Bartimée a été rétablie, métamorphosant
ainsi non seulement sa perception visuelle, mais également toute son existence.
Jésus, ayant
promis de guérir notre vue spirituelle, nous invite à lire le Message de
Laodicée : « Tu
te vantes en disant : ‘Je suis riche, je n’ai besoin de rien ni de personne.’
En fait, tu
ne sais pas combien tu es malheureux et misérable ! Tu es pauvre, nu et aveugle. C'est pourquoi je te conseille d'acheter chez moi de l'or purifié au feu, pour
devenir réellement riche. Achète aussi des vêtements blancs pour t'en couvrir
et n'avoir plus la honte de paraître nu, ainsi qu'un remède pour soigner tes yeux et te rendre la vue » - afin que tu
puisses voir clairement, réellement voir (Apo. 3 :17-18). Suivre ces conseils peut amener à voir de nouvelles couleurs dans sa vie.
Pour certains, l'âge dans le christianisme a peut-être voilé leur paysage
spirituel, et une intervention sur la cataracte spirituelle pourrait être plus
nécessaire qu'il n'y paraît.
En abandonnant son manteau, Bartimée renonce symboliquement
à son ancienne vie de dépendance et de marginalisation. Ce geste est une
manifestation de sa foi en Jésus et de sa volonté de laisser derrière lui tout
ce qui l'identifiait à sa condition d'aveugle et de mendiant. Bartimée agit avec l'assurance que sa
rencontre avec Jésus ne sera pas vaine, qu'il n'aura plus besoin de ce manteau
pour mendier, car sa vie va changer radicalement. C'est un acte de foi
audacieuse, qui témoigne de sa croyance que sa guérison est imminente et que sa
vie va prendre un nouveau tournant.
Que
veux-tu que je te fasse? Cette question est à la fois d'une simplicité
désarmante, et profondément significative. Elle porte en elle une profondeur
qui interpelle l'âme bien au-delà du moment où elle est posée. Lorsqu'elle est
entendue pour la première fois, cette question peut résonner dans l'esprit
pendant des décennies, suscitant des réflexions profondes sur le véritable
désir du cœur humain. C'est une question qui nous force à faire face à nos
besoins les plus essentiels, à nos aspirations les plus cachées, et à la nature
de notre foi en Dieu. Elle est une
opportunité de creuser profondément dans notre cœur, d'examiner ce qui nous
motive vraiment, et de déclarer ce que nous croyons être possible avec l'aide
de Dieu. Ce qui semble au départ être une simple offre devient alors une
exploration de la foi, une introspection spirituelle, et une invitation à une transformation radicale.
À travers cette
question, Jésus ne cherche pas seulement à répondre à un besoin physique ; il
vise à révéler la profondeur de notre foi et à ouvrir une porte vers une vie
transformée. Ainsi, la question « Que veux-tu que
je te fasse ? » devient une clé pour accéder à la plénitude de ce que Dieu a
préparé pour nous, si seulement nous sommes prêts à y répondre avec
sincérité et confiance.
Bon
weekend sous l’œil bienveillant de l’Éternel
!
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