RETOUR AU PLAN DIVIN 

Lundi 19 août 2024

Semaine 8 : Enseigner aux disciples: 2ème partie

Thème général : L’évangile de Marc

Texte à méditer :

« Un homme a-t-il le droit de divorcer d’avec sa femme » (Marc 10 :2) ?

L'analyse de Marc 10:1-2 révèle que la question posée par les pharisiens à Jésus sur le divorce ne relève pas uniquement d'un débat théologique, mais s'inscrit dans un contexte de provocation. Les pharisiens, constamment en quête de mettre Jésus à l’épreuve, paraissaient rechercher une occasion de le mettre en difficulté. En effet, Jésus se trouvait dans la région où Jean-Baptiste avait exercé son ministère. Ce dernier avait dénoncé Hérode Antipas pour avoir divorcé de sa femme et épousé Hérodiade, la femme de son frère. Antipas avait alors fait arrêter puis décapité Jean-Baptiste à cause de sa réprimande de cette relation illicite (Mt 14:1-12). Il est donc plausible que les dirigeants juifs espéraient inciter Jésus à une déclaration qui pourrait le mettre dans une situation similaire à celle de Jean.


Chez les pharisiens, le divorce était reconnu comme légal. La question soulevée concernait les motifs légitimes permettant à un homme de se séparer de sa femme. L'école de Shammaï adoptait une approche plus restrictive, autorisant le divorce uniquement en cas d'infertilité, de négligence matérielle, de négligence émotionnelle ou d'infidélité conjugale. En revanche, l'école de Hillel était beaucoup plus permissive, permettant le divorce pour presque toutes les raisons, bien que leur procédure de divorce soit plus complexe, ce qui pouvait ralentir le processus. Il paraît donc quelque peu étrange qu'ils adressent à Jésus une question aussi générale sur l'acceptabilité du divorce.

 

Dans Marc 10:3-4, Jésus répond à la question des pharisiens en demandant ce que Moïse avait prescrit sur le sujet. Cette réponse, bien que neutre en apparence, ne garantit pas nécessairement la sécurité de Jésus. Au contraire, elle l’amène à s’engager dans une discussion plus profonde qui pourrait révéler sa position.

 « Et Jésus leur dit : C'est à cause de la dureté de votre coeur que Moïse vous a donné ce précepte. Mais au commencement de la création, Dieu “les créa homme et femme”, dit l'Écriture. “C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et les deux deviendront une seule chair.” Ainsi, ils ne sont plus deux mais une seule chair. Donc, que personne ne sépare ce que Dieu a uni » (Marc 10:5-9). En examinant ce passage, il devient évident que Jésus ne cherche pas à éviter le conflit avec Hérode Antipas. Au contraire, il réaffirme l’idéal originel du mariage tel que défini par Dieu.

En se référant à Deutéronome 24:1-4, Jésus rappelle que Moïse avait énoncé des directives sur le divorce, mais il insiste sur le fait que ces prescriptions étaient adaptées à la nature pécheresse de l’humanité. Dans Deutéronome 24, Moïse cite « le Seigneur » comme autorité pour ce qu’il dit. À l'époque de Moïse, les Israélites avaient déjà recours au divorce. La législation énoncée dans Deutéronome 24 visait à offrir une protection à la femme dans le cadre de ce processus. Cependant, à l’époque de Jésus, cette loi avait été altérée par l'école de Hillel, qui en avait modifié l'application pour permettre le divorce pour presque toutes les raisons. Ainsi, ce texte, initialement conçu pour protéger la femme, était désormais employé de manière à faciliter son abandon.

Marc 10:5-9 indique que, bien que Dieu ait introduit une certaine flexibilité en raison du cœur dur des hommes, il n’en demeure pas moins que l’idéal divin est celui d’une union indissoluble. Jésus est-il en train de changer la règle ? Non, l’enseignement de Jésus selon lequel « deux deviendront un » est la règle originelle et il ne fait qu’y revenir. Il note qu’au commencement, Dieu avait fait un homme et une femme (Gn. 1:27), deux personnes. Il combine ensuite cette vérité à Genèse 2:24, selon lequel un homme devrait quitter ses parents et s’unir à sa femme, et les deux deviendraient une seule chair. Ce concept d’unité devient la base de l’affirmation du lien conjugal par Jésus. L’homme ne devrait donc pas séparer ce que Dieu a joint.


Le discours de Jésus dans Marc 10:10-12 ne renonce pas à la flexibilité – « Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard ; et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère ». Au contraire, Jésus s’attaque à la dureté de cœur humaine en soulignant que la loi de Moïse visait à réguler une réalité humaine déchue. De plus, Jésus aborde également la situation où une femme pourrait chercher à divorcer, ce qui n’était pas explicitement prévu par Moïse. Cette inclusion semble refléter une compréhension plus large de la condition humaine.

 

« Si telle est la condition de l'homme par rapport à sa femme, il vaut mieux ne pas se marier » (Matthieu 19:10). Dans ce passage, les disciples expriment leur préoccupation quant à la rigueur de l'enseignement de Jésus sur le mariage, suggérant que, si l’union matrimoniale est destinée à durer toute la vie, il serait peut-être préférable de rester célibataire. Cette réaction, bien que laissée de côté dans Marc, souligne la difficulté de l’enseignement de Jésus pour ses auditeurs.

 

Matthieu 19:11-12 introduit ensuite une discussion sur les eunuques, un sujet qui semble nouveau, distinct, mais qui, en réalité, ne l’est pas. Nos conceptions modernes et permissives nous empêchent de saisir pleinement ce qui est dit. Les disciples et Jésus parlent du célibat. Le propos n’est pas de mettre en opposition le fait de coucher avec d’autres personnes et le fait de se marier. Jésus explique que le célibat, comme le mariage, est une vocation qui n’est pas donnée à tous. Ceux qui ne peuvent accepter cet appel doivent choisir le mariage. « En effet il y en a qui ne se marient pas à cause d'une impossibilité dès leur naissance ; d'autres, les eunuques, en ont été rendus incapables par d'autres personnes ; certains enfin renoncent à se marier à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut accepter cet enseignement l'accepte ! » (Matthieu 19:12) La dernière phrase de Matthieu 19:12 indique que la capacité à accepter cette instruction est une question de vocation personnelle, et que ceux qui ne sont pas faits pour le célibat devraient se marier.


Enfin, l’examen de Marc 10:5 et Matthieu 19:12 révèle que Dieu a introduit une certaine flexibilité dans les règles concernant le mariage et le divorce. Cette flexibilité est en accord avec le principe exprimé par Jésus, qui se réfère à une compréhension plus profonde de la loi divine.

Bonne journée sous l’aile bienveillante de l’Éternel !

 

 

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