GETHSÉMANÉ
Mercredi 11 septembre 2024/
Semaine 11 : Arrêté
et jugé
Thème
général : L’évangile de Marc
Texte à méditer : « Ils arrivèrent
ensuite à un endroit appelé Gethsémané, et Jésus dit à ses disciples : "Asseyez-vous
ici, pendant que je vais prier." Il emmèna avec lui Pierre, Jacques et
Jean. » (Marc 14:32-33).
Quittant la cité
fortifiée de Jérusalem, où ils avaient célébré la Pâque, Jésus et Ses disciples
traversèrent la vallée du Cédron pour se rendre dans un jardin appelé
Gethsémané, situé sur les pentes du mont des Oliviers. Le nom Gethsémané, qui
signifie « presse à huile », laisse à penser qu’il existait dans les environs
un lieu dédié à l’extraction de l’huile d’olive. Toutefois, l’emplacement
précis de ces installations reste inconnu, les Romains ayant abattu tous les
arbres du mont des Oliviers lors du siège de Jérusalem en l’an 70 après
Jésus-Christ.
La décision avait
été prise d'aller à la Croix pour le bien de l'humanité, même si cela
signifiait la perte éternelle de Son existence. La bataille psychologique fut
si intense que le sang commença à suinter du champ de bataille de l’esprit, de
l’intérieur vers l’extérieur. Jésus fut plongé dans une profonde agonie, anticipant
sa souffrance imminente : « Il commença à éprouver de la frayeur et des angoisses. Il leur dit :
Mon âme est triste jusqu'à la mort. » Le poids de ce combat était si intense que
Jésus avançait, laissant derrière Lui des amis à chaque étape, alors qu’Il se
dirigeait vers ce moment qui Lui était réservé, Lui seul. Il était l’Élu, le
Messie.
Mais... Mais... Mais,
Il ne rejeta pas ses amis et disciples en une seule fois. Il ne leur dit pas :
« Mes amis,
cette nuit va être éprouvante pour moi. Je dois accomplir une tâche à laquelle
vous ne pourrez rien apporter, alors rentrez chez vous et reposez-vous. Nous
nous retrouverons dimanche, après que j’aurai achevé cette grande œuvre.
» Non. Jésus œuvre toujours au plan de salut AVEC SON PEUPLE.
Les disciples
spirituellement plus faibles, Il les installe en premier. Huit des douze, soit
deux tiers. Leur rôle est simplement
d’attendre et de s’asseoir pendant que Jésus prie. Peut-être ne sont-ils
pas encore dotés des compétences et de l’endurance nécessaires pour prier avec
intention. Jésus va prier pour eux… « Asseyez-vous ici pendant que je prierai »
(Marc 14:32).
Il emmène Pierre,
Jacques et Jean plus près du lieu de combat, peut-être parce qu’ils doivent
devenir des piliers de l’Église primitive (Gal. 2:9) et qu’ils ont besoin d'une
formation supplémentaire pour être forts dans l’adversité. Ou peut-être parce
qu’ils sont spirituellement prêts pour cette leçon avancée. Trois des douze,
soit seulement 25 % de ses disciples, sont prêts pour cela. Il leur demande de
« veiller » pour Lui et avec Lui, et de prier afin de fortifier leur chair
faible face à la tentation (Marc 14:38).
L'épisode de
Gethsémané révèle un moment intense de prière de Jésus avant sa passion. À trois reprises, Jésus prie ainsi : « Abba,
Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe de douleur. Toutefois, non pas ce
que moi je veux, mais ce que tu veux » (Marc 14:36). Jésus pria pour que la coupe de
souffrance Lui soit enlevée, mais seulement si cela était la volonté de Dieu.
Il utilisa le terme araméen Abba, que Marc traduit par « Père ». Le terme ne
signifie pas « papa », comme certains l’ont suggéré. Le terme utilisé par un
enfant pour s’adresser à son père était abi (voir Raymond E. Brown, The Death
of the Messiah, 1994, vol. 1, pp. 172, 173). Cependant, l’utilisation du terme
Abba, Père, contient un lien familial étroit, qui ne devrait pas être minimisé.
Cette prière
exprime deux aspects essentiels : (1) Le désir humain de Jésus
: Il demande que "cette coupe" (une métaphore de la souffrance et de
la mort imminente) soit éloignée de lui. (2) Sa soumission à la volonté de Dieu
: Malgré cette demande, Jésus se soumet pleinement à la volonté du Père en disant
: "Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux." Cette soumission est également illustrée
dans la prière « notre Père » : "que ton règne vienne; que ta volonté
soit faite sur la terre comme au ciel" (Matthieu 6:10). Il est évident dans le reste du récit de la
Passion que la réponse de Dieu à la prière de Jésus
était « Non ». Il
n’enlèvera pas la coupe de la souffrance, car par cette expérience, le salut est
offert au monde.
Malgré leur
engagement initial à suivre Jésus jusqu'à la mort, ses disciples, en particulier
Pierre, Jacques et Jean, succombent au sommeil. Comment un homme, tel que
Pierre, prêt à mourir pour Jésus, peut-il ne pas rester éveillé et prier pour
lui ? Cet acte semble contradictoire : Pierre, qui a affirmé quelques
heures plus tôt sa loyauté indéfectible envers Jésus, est incapable de veiller
dans ce moment crucial. Pourtant, cette faiblesse humaine révèle une vérité
fondamentale : malgré nos meilleures intentions, nous sommes vulnérables à nos
limites.
La réponse
de Jésus à cette défaillance de Pierre est révélatrice de sa profonde
compréhension de la nature humaine (Marc 14:38). Il lui dit : « L’esprit est bien disposé, mais la chair est faible.
» Jésus reconnaît que Pierre, comme tout être humain, est faillible. Il est
généreux envers Pierre, ne le condamnant pas sévèrement, mais montrant une
compassion profonde.
Avez-vous
déjà été déçu(e) par un être humain "faible" ? Nous avons tous, à un moment donné,
ressenti de la déception face aux actions de ceux en qui nous avions placé
notre confiance. Cette expérience peut être douloureuse, mais elle nous
rappelle la nature fragile et limitée de l’humanité. Quel est alors le
remède à cette faiblesse humaine ? Jésus offre une réponse claire à Pierre
: il lui dit de « veiller » et de « prier ». Cela signifie que, pour surmonter
nos faiblesses, nous devons rester vigilants et nous appuyer sur Dieu à travers
la prière. En prêtant attention à ce qui est essentiel et en recherchant la
force divine, nous pouvons dépasser nos propres limites humaines.
À trois
reprises, Jésus demande à ses disciples les plus proches, ceux qu’il a choisis et
en qui il avait confiance, de prier pour lui. À trois reprises, ils
s’endorment, le laissant seul dans son moment le plus éprouvant (Marc 14:39-42). Comment vous
sentiriez-vous si, au moment le plus difficile de votre vie, ceux sur qui vous
comptiez vous abandonnaient ainsi ? La douleur émotionnelle que Jésus a dû
ressentir est certainement immense. Mais cette expérience souligne une leçon
importante : dans les moments cruciaux de notre vie, même ceux qui nous aiment
peuvent, volontairement ou non, nous décevoir. La véritable leçon ici est que
nous ne pouvons placer notre confiance ultime qu’en Dieu. Les autres peuvent nous soutenir, mais ils ne sont pas
infaillibles. Seul Dieu est inébranlable, et c’est à Lui que nous devons
nous tourner dans nos moments de faiblesse et de besoin.
Jésus s’adresse
spécifiquement à Pierre (Marc 14:37). Il sait que Pierre
va être particulièrement éprouvé par les forces spirituelles des ténèbres cette
nuit-là. Plus tard, Pierre prononcera de grands sermons qui changeront
le monde après la Pentecôte et accomplira des miracles extraordinaires. La
présence guérissante de Jésus sera un jour si intense sur Pierre que des gens
seront guéris simplement en étant à proximité de lui (Actes 5:15) ! Satan veut abattre Pierre.
Nous sommes les
disciples du Christ dans le monde moderne et devons réfléchir à la manière dont
nous nous rapportons au Christ. Attendons-nous qu'on nous donne raison sur la
manière dont nous avons investi dans nos croyances, et restons-nous endormis en
attendant que cela se réalise ? Lorsque nous nous réveillerons, notre réaction
sera-t-elle aussi irréaliste que celle des disciples ? C'est une question à laquelle
nous réfléchirons demain.
Bonne journée sous
l’aile bienveillante de l’Éternel !
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