IL APPARAÎT
Jeudi 26 septembre 2024
Semaine 13 : Le Seigneur ressuscité
Thème
général : L’évangile de Marc
Texte à méditer : Marc 16 : 9-14.
Les versets de
Marc 16:9-20 sont souvent appelés la "finale
longue" de l'Évangile selon Marc, car ils ne figurent pas dans deux
des manuscrits les plus anciens du Nouveau Testament : le Codex
Sinaiticus et le Codex Vaticanus. Cependant, ils sont
présents dans d'autres manuscrits anciens, comme le Codex Alexandrinus
et d'autres traditions manuscrites plus tardives.
Avant de procéder à l’étude de ce passage,
il convient de souligner un point souvent évoqué. Les traductions bibliques qui
se fondent sur les copies partielles ou complètes les plus anciennes des textes
originaux sont généralement considérées comme les plus fiables. Il n’existe
aucun manuscrit original du Nouveau Testament. En effet, aucun texte
n’a été rédigé durant la vie de Jésus ni dans le siècle qui a suivi. Ce que
nous possédons aujourd’hui sont des copies successives de ces écrits originaux.
En raison des erreurs humaines inévitables au fil des transcriptions, il est
raisonnable de supposer que plus une copie est ancienne, plus elle est
susceptible de refléter fidèlement le contenu initial. Au cours des deux
derniers siècles, la découverte de nombreux manuscrits supplémentaires,
particulièrement anciens, a permis d’affiner considérablement notre compréhension
du texte biblique dans sa forme originelle.
Qu’ajoutent ces versets de Marc 16:9-20 à l’histoire
de la résurrection? Nous nous intéressons
à ces versets pour deux raisons :
1.
Premièrement, les autres
évangiles rapportent des informations similaires. Voici les points clés que ces
versets ajoutent à l’histoire de la résurrection : (i) Les apparitions de Jésus ressuscité (Mc 16:9,12,14 ;
Jean
20:11-18, Matthieu 28:9-10 ; Luc 24:13-35, Luc 24:36-49, Jean 20:19-23) ; (ii) L'incrédulité des disciples (Mc 16 :11,13,14 ;
Luc 24:11, Jean
20:24-29) ; (iii) La
mission universelle(Mc 16 :15 ; Matthieu 28:18-20, Luc 24:47, Actes 1 :8) ; (iv)
Les signes qui accompagneront les
croyants (Mc 16 :17-18 ; Actes 2:1-4, 28:3-5, 5 :
12-16, Luc 10 :17-19, ) ; (v) L'ascension
de Jésus (Mc 16 :19 ; Luc 24:50-53, Actes 1:9-11). Ces passages
complètent le récit de Marc 16:9-20 et permettent de mieux comprendre la
chronologie et la signification des événements entourant la résurrection de
Jésus.
2.
Deuxièmement, un
dirigeant de l’Église primitive, Irénée, a cité Marc 16.19.
Irénée a vécu de 120 à 205 après Jésus-Christ. Les premiers manuscrits qui
omettent Marc 16.9-20 n’ont été copiés que des centaines
d’années plus tard. Cela signifie que cette partie de Marc 16 était
utilisée par les chrétiens très peu de temps après la rédaction de l’original.
« ILS NE LE CRURENT POINT » (Marc 16.9-11). Pourquoi les disciples ne voulaient-ils pas croire ?
Les disciples avaient, tout comme beaucoup de personnes en Israël, une
conception erronée de la connaissance du royaume de Dieu. Luc nous décrit
clairement la nature de cette mauvaise compréhension en ces termes : « Nous espérions que ce serait lui qui
délivrerait Israël ; mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces
choses se sont passées » (Lc 24:21). Que voulait dire les disciples par
l’expression « délivrerait Israël »? Le mot grec pour «
délivrer » est lytroō, qui a un sens de base de « libérer d’une situation oppressive » (Danker, et al., A
Greek-English Lexicon of the New Testament and Other Early Christian
Literature, p. 606.). Ainsi, pour les disciples, la mort de Jésus signifiait la
mort de leurs aspirations terrestres, car ils concevaient la rédemption en
termes de libération de l’oppression romaine.
Si vous
étiez un disciple, que voudriez-vous
croire ? Pourquoi ne croiriez-vous pas la meilleure nouvelle (Marc 16.9-11) ? En tant
que disciple, vous voudriez croire à la
résurrection, car elle serait l’accomplissement de tout ce que Jésus avait
promis. Cependant, le choc de sa mort, la peur, et la méfiance envers un
témoignage venant de Marie-Madeleine pourraient vous pousser à douter. La
nouvelle serait si extraordinaire qu’elle en paraîtrait difficile à accepter.
« Ils revinrent l'annoncer aux autres, qui ne les
crurent pas non plus. » Marc
16.12-13
correspondit-il simplement à un autre récit d’incrédulité ? Ou ce récit a-t-il
une importance indépendante ? Ce récit a une importance distincte. C’est le récit du « chemin d’Emmaüs » présenté
dans Luc 24, où Jésus apparaît à deux disciples de sexe masculin. L’approche générale des rabbins
consistait à exclure les femmes en tant que témoins. Ainsi, ce second rejet de
la vérité dite par des témoins masculins montre un durcissement de l’opposition à l’acceptation de cette grande nouvelle. Il reflète
une résistance plus profonde à la vérité, car même lorsque des témoins
masculins rapportent la nouvelle, les disciples restent incrédules. Cela montre
que le rejet va au-delà des préjugés contre les témoins féminins, révélant une obstination à ne pas croire.
Que fait Jésus face à l’incrédulité (Marc
16.14) ? JESUS
APPARAÎT EN PERSONNE pour prouver qu’il est
ressuscité, et pour dissiper tout doute. Il reproche
vivement à ses disciples leur manque de foi et leur obstination à ne pas croire
les témoignages reçus, soulignant ainsi l'importance
de la foi pour la mission à venir.
Si les disciples avaient comploté pour voler le corps
de Jésus et inventer son retour d’entre les morts, il serait peu probable que
Marc relate les événements de cette manière. En effet, un tel récit n'aurait
aucun intérêt à exposer l’incrédulité des disciples eux-mêmes, ni à montrer
leur hésitation à croire à la résurrection, même après avoir reçu plusieurs
témoignages fiables.
Quant à leur
« obstination à ne pas croire »,
elle révèle une profonde lutte
intérieure. Après trois années passées aux côtés de Jésus, ils n'ont
certainement pas renoncé à leurs espoirs. Ce n'est pas tant la résurrection
en elle-même qu'ils rejetaient, mais plutôt la difficulté de croire
aux premiers témoignages qu’ils avaient reçus. La réprimande concerne
l’incrédulité à l’égard des premiers témoignages. C'est seulement lorsque Jésus apparaît devant eux
que toute incrédulité s’efface, dissipant leurs doutes et confirmant la réalité
de son retour à la vie.
La résurrection de Jésus est le cœur du
message de l'Évangile. Certains affirment que : "le fait de croire repose entièrement sur la foi, sans besoin
de preuve empirique." D’après
eux, chercher à prouver ce qui est au-delà des faits physiques risque de
diminuer le rôle fondamental de la foi. L'exemple de Thomas (Jean 20:24-29) et
des autres disciples montre que Jésus aurait gracieusement fourni une preuve, mais
pour nous, qui n'étions pas
présents, le témoignage viendrait par le Saint-Esprit.
Il convient
cependant de relever que la résurrection de Jésus est l'un des événements les
mieux documentés de l'histoire. Dieu nous demande de « raisonner ensemble » (Esaïe 1:18). Dieu demande une foi raisonnée,
basée sur des preuves, telles que les Écritures et les prophéties accomplies. C'est
pourquoi Jésus ressuscité a pris le temps de raisonner
avec les deux disciples sur le chemin d'Emmaüs. Il a souligné toutes les
Écritures qui ont été accomplies par le Christ ainsi que la promesse de la
résurrection - tout s'est accompli précisément comme il avait été prophétisé.
Il voulait qu'ils aient une foi raisonnée, et pas seulement une
croyance comme celle d'un enfant qui croit au Père Noël (Luc 24:13-32).
La foi vient de
l'écoute et de la parole de Dieu (Rom. 10:17), et se renforce par l'expérience.
Contrairement à l'idée que la recherche de faits diminuerait la foi, les faits
établissent une foi solide, éclairée par le Saint-Esprit. Refuser de croire sans preuves visibles (comme
Thomas) peut nous priver de bénédictions, mais une foi basée sur des preuves
passées et sur la Parole de Dieu reste inébranlable, même face aux épreuves.
Tout comme les
disciples ont été affermis par l'apparition de Jésus ressuscité, Puissions-nous,
à notre tour, être des témoins fidèles et inébranlables, remplis de conviction
pour accomplir la mission qui nous est confiée.
Paisible
journée sous la bienveillante attention
de l’Éternel !
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