JUGÉ ET CRUCIFIÉ 

 

Samedi 21 septembre 2024

Semaine 12 : Jugé et crucifié

Thème général : L’évangile de Marc

 

Texte à méditer : « Et à la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte : Éloï, Éloï, lama sabachthani? ce qui signifie : mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Marc 15:34).

 

Conduit devant Pilate, Jésus ne se défend pas. Il répond simplement « tu le dis » à la suggestion de Pilate selon laquelle il est le roi des Juifs, sachant parfaitement ce que cela impliquerait aux yeux d’un politicien. Cependant, Pilate ne veut pas condamner un homme à mort simplement pour satisfaire les chefs religieux juifs, qu'il semble manifestement ne pas apprécier. L’enquête se poursuit. Dans tout cela, Jésus incarne Dieu dans des circonstances des plus difficiles. La tentation aurait été de révéler sa véritable nature dans un éclat de gloire divine, dissipant ainsi tout doute. Mais une telle action aurait compromis sa mission, et Jésus refuse résolument de s’y livrer.

 

Les chefs religieux savent que les Romains ne se soucieraient pas d’accusations religieuses, alors ils fabriquent des charges politiques contre Jésus. Ils l’accusent de prétendre être roi des Juifs et de vouloir se débarrasser des Romains. Ils soutiennent également qu’il provoque des émeutes contre l’autorité romaine, un sujet préoccupant pour un gouverneur romain, surtout en ces temps troubles. Pilate interroge alors Jésus pour savoir si ces accusations sont fondées. « Tu le dis », répond le Maître. Malgré les accusations portées par les chefs religieux, Jésus ne réagit pas, ce qui surprend Pilate.

 

Il est évident pour Pilate que Jésus est innocent, et que les accusations portées contre lui sont motivées par la jalousie. Il tente donc de le libérer. Mais la foule à l’extérieur s’y oppose catégoriquement. Pilate, cédant à la pression, adopte une décision politiquement correcte : après avoir fait flageller Jésus, il le livre à la crucifixion, tout en relâchant le meurtrier Barabbas. Ainsi, Pilate finit par se conformer aux attentes politiques et livre Jésus pour qu’il soit crucifié.

 

Ici, nous voyons la différence entre le royaume de Dieu et celui de Satan. Observons à nouveau les insultes proférées contre Jésus sur la croix. Plus que des mots, ce sont des tentations supplémentaires de renoncer, d’agir contre sa nature, de se venger. Songeons également à l’horrible moquerie des grands prêtres, qui révèlent ainsi leur véritable condition spirituelle.

 

Pourquoi Jésus a-t-il crié comme il l’a fait sur la croix ? Que devons-nous comprendre de cela ? En mourant publiquement, que nous dit Jésus en tant que Dieu ? L’obscurité – que nous révèle-t-elle ? Le déchirement du voile du temple – quel message Dieu nous adresse-t-il ? Toutes ces choses ont un sens, et il est bon de réfléchir longuement et profondément à ces sujets, nous rappelant en tout temps...

 

Cette triste histoire révèle beaucoup de nos malentendus sur Dieu. Elle montre les immenses dangers de l’établissement d’un système de pratiques rituelles et de contrats légaux. Les pharisiens se considéraient comme des privilégiés, les dépositaires du système de salut de Dieu. Mais leur système n’était en réalité pas un système de salut, plutôt un moyen d’asservissement qui menait à un culte mécanique et à la culpabilité personnelle. C’est pour cette raison que Jésus réservait ses plus vives critiques à ces « véritables adeptes de Dieu », les qualifiant d’hypocrites et de sépulcres blanchis. Car il n’y a rien de vivifiant dans un tel système accablant de punition et de pénitence.

 

Pour préserver leur système, ils étaient prêts à sacrifier un homme pour le bien du peuple, à renoncer aux principes de vérité, de justice et d’amour, et à orchestrer la mort cruelle d’un innocent. Leur complot impitoyable illustre jusqu’où nous sommes prêts à aller pour défendre nos propres systèmes de salut. Dans ce processus, nous crucifions de nouveau le Fils de Dieu et l'exposons à l’opprobre (cf. Hébreux 6:6).

 

Même NOS PROPRES SYSTÈMES THÉOLOGIQUES SONT ENTACHÉS DE CONCEPTS « JUDICIAIRES » QUI ONT CONDUIT AU REJET DE JESUS : l’idée que Dieu exige une expiation, que la relation avec lui est fondée sur un contrat légal, que le respect des règles est plus important que la compréhension de l’amitié et du changement fondamental.

 

La théologie de la mort substitutive du Christ est devenue le sujet de débats assez intenses, tant au sein de l'Église que dans la communauté chrétienne au sens large. Quelques recherches sur ce sujet en utilisant des moteurs de recherche concluent en observant que : « cette discussion est complexe et il n’y a pas de réponses clairement définies. » Une partie du problème réside dans le fait que ceux qui s'engagent dans cet argumentaire forment souvent leurs propres définitions et défendent vigoureusement leurs idées basées sur ces définitions.

 

Voici quelques observations sur l’église (Notez que ce ne sont pas mes idées ; mais il serait simplement utile d’y réfléchir) :

  • Ils reconnaissent le caractère substitutif de la mort du Christ, mais insistent également sur une compréhension plus large de son expiation.
  • Ils considèrent la vie et la mort du Christ comme un exemple parfait d'obéissance.
  • Ils croient que la vie du Christ est essentielle à notre sanctification.
  • Ils croient que la mort du Christ est une propitiation pour la colère de Dieu, apaisant sa fureur contre le péché.
  • La victoire du Christ sur le péché, à travers sa mort, nous donne le pouvoir de surmonter la tentation et le péché.

 

Je ne suis pas certaine que nous serions en accord avec toutes ces perceptions. De même, je ne crois pas qu’il soit essentiel pour notre salut de comprendre toutes les nuances que ces points de vue représentent.

 

En revanche, nous pouvons tous apprécier cette synthèse simple : « Le sacrifice expiatoire du Christ fut la plus grande manifestation de l’amour de Dieu jamais donnée au monde » (E. White, Vers Jésus, p. 18).

 

Le danger terrible n’est pas d’avoir une perception imparfaite et incomplète du salut, mais de chercher à faire de nos conceptions erronées la définition de la vérité. De fausses idées de Dieu, de son caractère et de sa nature, ainsi que de la manière dont il sauve, ont poussé les religieux légalistes à tuer Jésus. Le risque pour nous est de faire de même. Commettre le mal au nom du bien constitue le blasphème ultime.

 

« Oui, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tous ceux qui placent leur confiance en lui échappent à la perdition et qu’ils aient la vie éternelle » (Jean 3 : 16 – BDS).

 

Si nous acceptons l'amour de Dieu et vivons dans cet amour, alors l'argument est tranché.

 

HAPPY SABBATH !

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog