LES FEMMES PORTEUSES 

DE SILENCE ET D'ESPÉRANCE

 

Mercredi 25 septembre 2024

Semaine 13 : Le Seigneur ressuscité

Thème général : L’évangile de Marc

 

Texte à méditer : "Elles sortirent du sépulcre et s'enfuirent … et elles ne dirent rien à personne" (Marc 16:8).

 

Dans Marc 16:1-8, les femmes qui se rendirent au tombeau de Jésus au matin du premier jour de la semaine sont décrites comme des figures porteuses à la fois de silence et d'espérance. Après avoir assisté à la crucifixion de Celui qu'elles suivaient et aimaient, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé se trouvent dans un état d'attente douloureuse, attendant que le sabbat se termine pour accomplir les rites funéraires. Elles apportent avec elles des aromates précieux, symboles de leur fidélité et de leur dévotion, mais aussi de leur ultime espoir de rendre hommage au corps de celui en qui elles avaient cru. Cependant, dans leurs cœurs, la lumière de leur espérance s’était éteinte.

 

L’ange annonça aux femmes que Jésus était ressuscité (Marc 16:7). Matthieu (28:2-7) parle d'un seul ange. Luc (24:4-7) rapporte qu'il y avait deux hommes en vêtements resplendissants. Dans Jean (20:11-13), deux anges sont également présents. Ces différences dans le nombre d'anges s'expliquent probablement par les différentes perspectives et intentions théologiques des auteurs évangéliques. Certains mettent l'accent sur le message, tandis que d'autres amplifient l'aspect surnaturel de l'événement. De plus, les anges encouragèrent les femmes à aller également annoncer la bonne nouvelle. Cependant, « elles ne dirent rien à personne, à cause de leur effroi » (Mc 16:8).

 

Ce silence, non seulement extérieur mais aussi intérieur, règne dans les premiers instants de leur démarche. Elles n'évoquent pas directement leur chagrin ni leurs doutes, mais leur désarroi se manifeste à travers la tristesse palpable qui les habite. Elles se rappellent les paroles de miséricorde et de consolation que le Christ avait prononcées, mais elles semblent oublier Sa promesse : “Je vous verrai de nouveau”. Ce paradoxe met en lumière la lutte intérieure qui les anime, entre la douleur de la perte et l'oubli de la résurrection annoncée.

 

Elles avaient toutes les symptômes de la peur (Marc 16.8). Elles « s’enfuirent », elles étaient « tremblantes » et elles ne parlaient pas. Les évènements des 72 dernières heures avaient été bouleversants, elles essayaient de comprendre. Elles avaient été avec Jésus pendant ses dernières heures. Elles l’ont vu être mis au tombeau. Ces évènements étaient trop intenses pour qu’elles puissent les assimiler facilement. Elles étaient submergées par tout cela. Matthieu 28.8-10 ajoute qu’au moment où les femmes s’enfuient, Jésus les rencontre et leur dit de ne pas avoir peur. Pourquoi auraient-elles peur maintenant ? Si vous deviez inventer cette histoire, incluriez-vous tous ces commentaires sur la peur et l’effroi ? Non. Le texte nous rapporte les vraies émotions humaines liées à cette expérience.

 

Cette peur pourrait provenir de plusieurs facteurs : (i) L’étonnement - l’idée de la résurrection était incroyable et inimaginable, même si Jésus l’avait prédite. Les femmes étaient confrontées à une réalité qui dépassait tout entendement humain. (ii) Le caractère sacré de la rencontre - la présence angélique elle-même aurait suffi à les terrifier. Dans les Écritures, les rencontres avec des anges provoquent souvent la crainte et l’émerveillement, en raison de leur caractère divin. (iii) La crainte de croire - il est possible qu’elles aient été effrayées non seulement par l’apparition, mais par la peur de se tromper en croyant à une telle annonce. Accepter cette nouvelle bouleversante impliquait une rupture radicale avec leur perception de la mort et de la résurrection.

 

Dès le début de l’Évangile, le lecteur sait que Jésus est le Messie. Comme nous l’avons vu au début du trimestre, Marc commence son Évangile en déclarant que « Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche »; par conséquent, « Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle » (Mc 1:15). En revanche, le silence est au centre de l’évangile de Marc, qui, tout au long de son récit, présente Jésus demandant à ceux qu’Il a guéris, ainsi qu’à Ses disciples, de ne pas révéler Son identité ni Ses miracles (Mc 1:44 ; 5:43 ; 7:36 ; 8:30 ; 9:9). Dans le texte de Marc, la première personne non possédée par un démon qui avait professé que Jésus était le Messie est Pierre, dans Marc 8:29. Et cette profession n’arriva qu’au milieu du livre! Il ne fait aucun doute que la principale raison pour laquelle Jésus leur demandait de garder le silence était de Se donner le temps d'accomplir pleinement Son ministère, conformément aux prophéties temporelles de Daniel 9:24-27.

 

Ce thème du silence, voulu par le Christ pour accomplir pleinement Sa mission, est rompu au moment décisif de Sa résurrection. Cependant, même après avoir découvert que le tombeau est vide et que Jésus est ressuscité, les femmes sont saisies de crainte et d’étonnement. Elles fuient la scène, gardant d'abord le silence sur cet événement bouleversant.

 

Pourtant, ce silence n'est que temporaire. La force de l'espérance renaît à travers la parole, et ce sont ces mêmes femmes, ainsi que les autres disciples, qui finiront par proclamer l'événement fondamental de la résurrection du Christ. Le texte de Marc se clôt sur cette rupture du silence : “Et ils s’en allèrent prêcher partout. Le Seigneur travaillait avec eux, et confirmait la parole par les miracles qui l’accompagnaient.” Ainsi, le message de la résurrection et l’espérance qu’il porte éclatent finalement dans une proclamation universelle, marquant la fin du silence qui avait jusque-là entouré l’identité et l’œuvre de Jésus. Le narratif des femmes porte donc une double dimension : celle du silence d’abord imposé par la crainte et la stupeur, et celle de l’espérance qui finit par triompher, libérant la parole et annonçant la Bonne Nouvelle au monde entier.

 

Outre la bonne nouvelle de la résurrection de Jésus, le récit de Marc contient un message très particulier « Maintenant, allez transmettre ce message à Ses disciples, y compris Pierre » (Marc 16:7). Jésus montre qu'Il se soucie de Ses disciples, malgré leur abandon. L'ange instruit les femmes de transmettre un message spécifique "à Ses disciples, et à Pierre." Ce souci particulier pour Pierre n’est pas sans raison. Bien que tous les disciples aient fui au moment de l’arrestation de Jésus, Pierre, qui se prétendait le plus fidèle, avait commis une trahison encore plus marquée en Le reniant trois fois. Malgré cela, Jésus mentionne Pierre par son nom, non pour souligner sa faute, mais pour lui offrir consolation et réconciliation. S'il y a quelqu'un dans cette histoire qui avait besoin d'être inclus, c'était bien Pierre. Il avait besoin d'être assuré que rien ne l'avait séparé de Jésus. Il méritait une mention spéciale.

 

Pensons à tous ces « Pierre » qui ont autrefois marché avec nous et qui, pour une raison ou une autre, ne croient plus. Ceux qui ont vécu des mariages brisés, des abus, qui ont été ignorés, qui avaient un point de vue différent, ou quoi que ce soit d'autre. Jésus a lancé l'invitation aux disciples et à Pierre. Sommes-nous à l'affût des « Pierre » qui se trouvaient autrefois dans nos propres congrégations ?

 

Cette mention personnelle démontre l'attention bienveillante de Jésus envers ceux qui chutent. Pierre, malgré sa trahison, est invité à revenir vers Lui. Aucun des disciples n'est oublié, même après leur abandon collectif. Par ce geste, Jésus montre qu'il est impossible de tomber si bas qu’Il cesse de Se préoccuper de ceux qui L’ont suivi.

 

Paisible journée sous l’attention bienveillante de l’Éternel !

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