MIS AU TOMBEAU - QUAND UN HÉROS IMPROBABLE ÉMERGE
Vendredi 20 septembre 2024
Semaine 12 : Jugé et crucifié
Thème
général : L’évangile de Marc
Texte à méditer : Marc 15:42-47.
Joseph,
de la ville d'Arimathée, joua un rôle important après la crucifixion de Jésus. Marc
raconte comment Joseph, membre respecté du Sanhédrin, "conseiller
de distinction, qui lui-même attendait aussi le royaume de Dieu",
prit l'initiative de demander à Pilate le corps de Jésus pour lui donner une
sépulture digne. Bien qu'il
ait fait partie du groupe qui avait condamné Jésus, Jean 19:38 nous révèle
qu'il était déjà un disciple secret - "Il était aussi disciple du Seigneur,
mais il s’en cachait par peur des Juifs."
C’était l’un de ceux qu’on appelle les « élites urbaines ». En
tant qu’homme riche et respecté, il avait une certaine estime auprès du
gouvernement, ce qui explique qu’il ait pu oser approcher Pilate et demander le
corps de Jésus. Face aux
événements des dernières heures, il abandonna sa discrétion et se déclara
ouvertement en faveur de Jésus, risquant sa position et son influence. Il est poignant de
constater qu'un membre du Sanhédrin ait manifesté un tel souci pour
l'ensevelissement de Jésus. Cela suscite une réflexion : où se trouvaient donc les disciples de
confiance de Jésus en ces heures décisives ?
L'intervention
de Joseph a plusieurs significations, notamment dans le contexte de l'absence
des disciples de Jésus, qui étaient dispersés et effrayés après son arrestation
et sa crucifixion :
1. Courage
et audace : Contrairement aux autres disciples, qui se sont cachés par
crainte des autorités, Joseph d'Arimathée était prêt à s'identifier
publiquement avec Jésus, malgré les risques potentiels pour lui-même en tant
que membre du Sanhédrin. Cet acte marque une rupture avec la peur qui
paralysait les autres disciples.
2. Compassion
et respect : Joseph fait preuve de compassion et de respect envers
Jésus, même après sa mort. Il voulait s'assurer que le corps de Jésus soit
traité avec dignité, en accord avec les rites juifs d'ensevelissement, plutôt
que de laisser son corps être exposé ou jeté dans une fosse commune, comme cela
aurait pu être le cas pour les criminels crucifiés.
3. Accomplissement
des prophéties : L'acte de Joseph remplit également une prophétie de
l'Ancien Testament, notamment celle d'Ésaïe 53:9, qui
mentionne que le serviteur souffrant (considéré comme le Messie) serait
enseveli "avec les riches". En plaçant Jésus dans un tombeau neuf,
appartenant à un homme riche, Joseph d'Arimathée joue un rôle prophétique, même
s'il n'en est pas nécessairement conscient.
4. Fidélité
discrète : Bien que Joseph ait été un disciple secret de Jésus (selon Jean
19:38), il révèle ici sa fidélité d'une manière décisive au moment où il semble
que tout espoir est perdu. Il ne fait pas partie du cercle intime des douze,
mais son action prouve qu'il est un véritable disciple, prêt à faire preuve de loyauté
dans les moments les plus sombres.
La vérification de la mort de Jésus
est un détail historique d’une extrême importance ici. Marc 15:43 mentionne la demande de
Joseph d’Arimathée pour obtenir le corps de Jésus. Cependant, Pilate fut étonné
d'apprendre que Jésus était déjà mort (Mc 15:44). Il fit alors appeler le
centurion chargé de la crucifixion pour vérifier la véracité de cette
information, et ce dernier confirma que Jésus était effectivement décédé. La raison pour laquelle ce détail est
important est que certains affirmèrent
ultérieurement que Jésus n’était pas mort sur la croix mais s’était seulement
évanoui. Le témoignage du centurion au gouverneur romain contredit
directement cette affirmation. Pilate ne remet le corps à Joseph
qu'après la vérification de sa mort par le centurion. Cette procédure élimine
toute idée de ruse ou de simulation de la mort de Jésus, offrant une preuve
incontestable que Jésus est bien mort sur la croix. Ce n’était
pas une illusion, ni un coma, mais bien une mort physique confirmée par une
autorité romaine.
En plus de Joseph, l’auteur de
l’Évangile note deux femmes qui avaient vu le tombeau : Marie-Madeleine et
Marie, mère de Joses. Ces deux femmes, ainsi que Salomé, avaient regardé la
crucifixion de loin. Les trois iraient au tombeau le dimanche matin pour,
pensaient-elles, achever d’embaumer Jésus (Mc 16:1).
L’ironie de la
situation est frappante, comme relevé plus haut. Les disciples les plus proches de Jésus, qui
avaient marché avec Lui, sont absents dans un moment crucial, tandis qu’un
membre du Sanhédrin, l’organe même qui a condamné Jésus, devient le héros
inattendu. Cette situation révèle la complexité de la foi humaine et les défis
que nous pouvons tous rencontrer dans les moments de crise. Comment nous préparer pour
ne pas "disparaître" dans les moments cruciaux ?
1.
Les disciples de Jésus furent déstabilisés par la
crucifixion parce qu’ils ne comprenaient pas pleinement le plan divin. Leur foi
vacilla face à l’incertitude. Pour éviter de « disparaître » comme eux, il est
essentiel de cultiver une relation
profonde et personnelle avec Dieu par la prière, la méditation de Sa Parole, et la pratique
constante de la foi. Cela nous ancre dans une conviction spirituelle qui peut
résister aux épreuves.
2.
Il est facile d’être fidèle lorsque tout se passe bien,
mais la
véritable foi se manifeste dans les moments de doute et de difficulté.
Joseph d'Arimathée, malgré son appartenance au Sanhédrin, a osé agir
courageusement. Il est donc important de cultiver l’endurance et la résilience
dans les petites difficultés de la vie, pour être prêts à affronter les crises
plus grandes sans nous laisser submerger par la peur.
3.
Jésus avait mis ses disciples en garde à plusieurs
reprises contre le
danger de l’assoupissement spirituel. Nous
devons rester spirituellement alertes et conscients des moments où Dieu nous
appelle à agir. Cela implique de nous entraîner à discerner les opportunités
d’agir pour la justice, la miséricorde et la vérité, même lorsque cela semble
risqué ou inconfortable.
4.
Développer une foi active et non
passive : Les disciples, dans leur peur, sont restés cachés, passifs
face à la situation. Joseph, en revanche, a pris une décision active. Pour éviter
de « disparaître », nous devons nous engager activement dans notre foi, ne pas
attendre que d’autres agissent à notre place. Cela peut se manifester dans des
actions simples, telles que témoigner de notre foi dans les petites décisions
quotidiennes, être présents pour ceux dans le besoin, et oser défendre ce qui
est juste.
5.
Dans les moments de crise, l’isolement peut nous rendre vulnérables à la
peur ou à l’inaction. Les disciples étaient dispersés, chacun dans
sa propre peur. Une communauté de foi forte peut offrir un soutien et encourager
l’action courageuse. Se préparer, c’est aussi s’engager dans une communauté qui
nous aide à rester fidèles et engagés dans notre vocation.
6.
Pierre, le plus zélé des disciples, avait juré de ne
jamais abandonner Jésus, mais il l’a renié trois fois. Cet échec montre que nos
propres forces sont limitées. C’est en reconnaissant
notre vulnérabilité et en nous appuyant sur la puissance de Dieu que
nous pouvons trouver le courage de rester fidèles dans les moments difficiles.
Que l'Esprit
Saint nous rappelle ces événements chaque fois que nous traversons une épreuve
de perte ou que nous faisons face à la tentation de nous cacher. Puissions-nous
toujours nous souvenir que Jésus nous aime profondément et nous
garder de céder à la peur ou au doute, afin de ne jamais, par nos actions ou
nos omissions, prêter notre soutien à l’ennemi de nos âmes !
Bon weekend sous l’œil
bienveillant de l’Éternel !
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