PRIS ET ÉPROUVÉ
Samedi 14 septembre 2024
Semaine 11 : Arrêté
et jugé
Thème
général : L’évangile de Marc
Texte à méditer : "Jésus
répondit : Je le suis. Et vous verrez le Fils de l'homme assis à la droite du
Tout-Puissant et venant sur les nuées du ciel" (Marc 14:62).
Cette
semaine, nous avons exploré Marc 14, un chapitre poignant qui retrace les
événements décisifs entourant la dernière Pâque de Jésus, marquée par son
onction, la trahison de Judas, la Cène, son agonie à Gethsémané, son
arrestation, et son procès. Ce récit a mis en lumière la fidélité inébranlable de Jésus à sa mission divine et les fragilités
humaines de ses disciples, nous offrant des enseignements profonds sur la
nature de l’amour de Dieu.
Dès le début
du chapitre 14 de Marc, nous voyons clairement l’intention malveillante des
prêtres de mettre Jésus à mort. Jésus, parfaitement conscient du complot des
prêtres et de la décision de Judas de le trahir, persiste néanmoins à partager
le repas, Judas étant toujours présent.
L’onction de Jésus
constitue une parenthèse lumineuse dans
une période de plus en plus sombre. Il y avait au moins une disciple qui
souhaitait honorer son Seigneur. Le murmure et les plaintes de certains des disciples ont dû être une immense
déception pour Jésus alors qu’il se préparait au point culminant du conflit. Cet épisode condamne aussi
la « théologie
de l’efficacité », qui ne valorise
que le pragmatique et le nécessaire. Jésus qualifie l’acte de cette femme de « beau geste ». Encore une fois, il s'agit d'une perspective sur Dieu tel qu'il est.
Ensuite, ils
célèbrent ensemble la Pâque. Ce moment va bien au-delà de la simple « inauguration de la
Cène ». Jésus continue d’essayer de leur expliquer, dans des termes
qu’ils pourraient comprendre, quelle sorte de personne il est, le Dieu qu’il
démontre véritablement être. Il leur révèle même, aussi clairement que
possible, qu’il connaît les intentions de Judas. L’amour de Dieu va jusqu’à
l’extrême et permet toutefois le rejet.
Jésus
annonce à ses disciples ce qu’ils feront. Il connaît leurs caractères. Pierre
proteste. Cela aurait-il fait une différence si
Pierre avait tenu sa promesse ? Quoi qu’il en soit, les disciples ne parviennent pas à veiller avec Jésus : ils
s’endorment. Il n’a même pas le réconfort humain du soutien de ses amis à
Gethsémané. Il est complètement seul.
Lorsque
Jésus dit qu’il est « triste jusqu’à la mort
», que signifie-t-il ? Est-ce une image poétique ou une réalité ?
Lorsqu’il prie et dit au Père que tout est possible pour lui, cherchait-il une
autre voie ? Qu’est-ce que cela signifie d’accepter la volonté de Dieu ?
L’arrivée de
la foule, armée de sabres et de bâtons, met fin à la scène. Qu’est-ce que cette
troupe hétéroclite croyait accomplir avec des armes si primitives contre le
Seigneur de l’Univers ? Puis vient la trahison par un baiser—plus qu’un simple
symbole, c’est
une preuve éclatante du rejet humain de la voie choisie par Dieu.
Imaginez ce que cela signifie. Jésus, un rebelle ? Le Dieu de paix est saisi
avec violence, pour être injustement jugé et ensuite tué de nos mains.
Il est
intéressant de noter que le Sanhédrin croyait aussi en l’importance des
preuves. Ils
« cherchaient des preuves contre Jésus pour pouvoir le condamner à
mort ». Ainsi, la question de la preuve seule ne suffit pas ; il faut aussi
s’interroger sur son attitude à l’égard de la preuve, sa sincérité, et tout ce
qui concerne la manière de déterminer la vérité. Ces dirigeants n’étaient pas
intéressés par la vérité, ils cherchaient simplement un prétexte pour satisfaire
leur désir de tuer Jésus. Aujourd’hui encore, nos penchants corrompus cherchent
une légalité fallacieuse pour justifier nos actions.
Le procès est en réalité un moyen d'assurer le
meurtre judiciaire de Jésus. Il le sait, mais il est tout de même prêt à
répondre à la question directe. Il affirme qu’il est le Christ et ajoute qu’il reviendra dans la gloire. C’est tout ce dont le
grand prêtre avait besoin.
L’un des
récits les plus poignants de la semaine est sans doute celui de Pierre. Animé
d’un enthousiasme parfois excessif, il s’exprime par de grandes démonstrations
de loyauté, brandissant même une épée de manière maladroite, suivant Jésus
jusqu’au tribunal, pour ensuite le renier. Pierre est un personnage complexe. Son monde s’effondra lorsque le coq chanta.
Immédiatement
après, le coq chanta une seconde fois, et Pierre se souvint des paroles que
Jésus lui avait dites : « Avant que le coq ne chante deux fois, tu me renieras
trois fois. » Saisi de remords, il
s’effondra et pleura amèrement (Marc 14:72).
Marc ne
poursuit pas ce récit, nous laissant chercher dans l’Évangile de Jean la suite
de l’histoire, celle de la restauration de Pierre. Lorsque Pierre rencontra à
nouveau Jésus, ce dernier lui demanda trois fois : « M’aimes-tu ?
» Et à chaque affirmation d’amour de Pierre, Jésus répondit : « Pais mes brebis. »
L’amour que Pierre portait à Jésus devait se manifester par le soin qu’il
accorderait aux autres. Ainsi, la lutte
entre le bien et le mal s’est toujours résumée à une opposition entre égoïsme
et désintéressement. « À ceci tous connaîtront que
vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres
» (Jean 13:35).
La
juxtaposition de certains textes utilisés cette semaine appelle quelques commentaires. La citation de Zacharie pourrait
être interprétée comme signifiant que le
Seigneur invite à une attaque contre « son berger ». Plus troublant encore
est le commentaire selon lequel le
Seigneur attaquera « les agneaux ». Cela doit être compris dans le contexte
de la vision de l'Ancien Testament, où toute action que Dieu ne prévient pas
lui est attribuée, puisqu'il est omnipotent. Cependant, il ne faut pas lire ces
affirmations comme une véritable indication de la nature et du caractère de
Dieu. De plus, la référence à Exode 24:8 pourrait sembler soutenir une vision
ritualiste par laquelle le peuple de Dieu obtient l'absolution d'un point de
vue judiciaire et légal – « Moïse prit alors le sang des vases, en aspergea
les Israélites et dit : « Ce sang confirme l'alliance que le Seigneur a conclue
avec vous, en vous donnant tous ces commandements. »
Au
contraire, cette action est censée nous amener à réfléchir au coût pour Dieu afin de nous ramener à une relation
d'amitié aimante.
Cherchons-nous à obtenir
un verdict de « non coupable », ou voulons-nous être guéris et transformés, de
l'intérieur ? Ou bien
est-ce plutôt que :
« Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature
: les choses anciennes sont passées, voici, toutes choses sont devenues
nouvelles ! Dieu a fait tout cela en nous transformant d'ennemis en amis par le
Christ. » (2 Corinthiens 5:17-18)
HAPPY
SABBATH !
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