RENONCER À TOUT 

PAR CRAINTE ET DÉSARROI

 

Jeudi 12 septembre 2024

Semaine 11 : Arrêté et jugé

Thème général : L’évangile de Marc

 

Texte à méditer : « Alors tous l'abandonnèrent, et prirent la fuite » (Marc 14:50).

 

Marc 14:43-52 relate un moment crucial dans les événements qui mènent à la crucifixion de Jésus. Dans les récits des Évangiles, plusieurs événements soulignent la fragilité des disciples face à l’arrestation de Jésus et leur incapacité à demeurer fermes dans l’épreuve. Les textes proposés aujourd’hui offrent un éclairage sur les réactions humaines à cette situation, tout en montrant la différence entre la volonté humaine et la mission divine.

 

Jésus est en prière dans le jardin de Gethsémané lorsqu'Il est soudainement approché par Judas, l'un de Ses disciples, accompagné d'une foule armée envoyée par les chefs des prêtres, les scribes et les anciens. Judas s'approche de Jésus et Lui donne un baiser, un signe convenu pour désigner Jésus à ceux qui l'accompagnent (Mc 14 : 43-46). Il est choquant de voir que l’un des plus proches associés de Jésus l’ait livré à Ses ennemis. Les Évangiles n’ont pas donné de détails sur sa motivation réelle, mais cette trahison est déplorée par tous, y compris par ceux qui ont fait usage de la traîtrise de Judas (Mt 27:3-7). L’acte de Judas est particulièrement infâme parce qu’il cherche à cacher sa trahison sous le couvert de l’amitié. Ainsi il semble que, par son baiser, Judas ait voulu cacher sa perfidie à Jésus et aux autres disciples.

 

Jésus, alors arrêté par une foule armée, est défendu par l’un de ses disciples, Pierre, qui tire une épée et frappe le serviteur du souverain sacrificateur (Marc 14:46-47 et Jean 18:10-11). Cet acte témoigne d’une profonde résolution : Pierre est prêt à mourir pour Jésus, comme il l’avait déclaré auparavant. Son geste, bien que maladroit, est la preuve d’une détermination sincère, mais humaine, qui trouve son origine dans un désir de protection plutôt que dans une compréhension profonde du plan divin. Il était tout à fait sérieux, car tirer son épée le mettait en danger de mort. Jésus, cependant, le reprend et lui ordonne de ranger son épée, montrant ainsi que la voie de la violence n'est pas celle que Dieu a choisie pour accomplir le salut. Cet incident démontre que, bien que Pierre soit tout à fait sérieux dans son engagement, il ne saisit pas encore pleinement la nécessité du sacrifice de Jésus.

 

Le chaos éclata lorsque la foule arrêta Jésus. Tous les disciples prirent la fuite, y compris Pierre. Face à l'adversité, il est tentant de tout laisser derrière soi pour échapper à la douleur ou aux conséquences difficiles. Cependant, Pierre réapparut plus tard, suivant Jésus à distance, ce qui finit par lui attirer des ennuis.

 

 L’Évangile de Marc continue ensuite avec une autre scène révélatrice illustrant un autre type de déserteur. Dans Marc 14:51-52, il est fait mention d’un jeune homme qui suivait Jésus, vêtu seulement d’un drap de lin. Lorsque les hommes armés tentent de l’appréhender, il s’enfuit en abandonnant son vêtement. Ce personnage anonyme, dont l’identité n’est pas précisée, ne semble pas être l’un des apôtres, car il n’est pas nommé. Ce détail suggère qu’il pourrait s’agir d’un témoin extérieur, attiré par l’agitation. Certains commentateurs, cependant, avancent l’hypothèse qu’il s’agirait de Marc lui-même, rédacteur de cet Évangile, faisant ici une confession personnelle de son propre abandon de Jésus. Ce jeune homme, comme les autres disciples, abandonne le Seigneur dans Sa dernière heure, renforçant ainsi l’idée que tous, sans exception, ont fui.

 

L’absence de vêtements appropriés sur ce jeune homme pourrait indiquer qu’il a été pris par surprise. Le fait qu’il ne porte qu’un drap de lin laisse supposer qu’il dormait et s’est précipité sur les lieux en entendant parler de l’arrestation imminente de Jésus. Son attitude est une illustration supplémentaire de la panique et de la peur qui envahissent les disciples à ce moment crucial.

 

L’inclusion de ce passage dans l’Évangile de Marc revêt une signification particulière. Si ce jeune homme est effectivement l’auteur de l’Évangile, cela pourrait refléter une forme de confession personnelle, indiquant que lui aussi a abandonné Jésus dans Sa détresse. Ce qui est remarquable est qu’il s’était enfui nu. Le jeune homme, au lieu de tout laisser pour « suivre » Jésus, avait tout laissé pour « fuir » Jésus. Cette scène s’inscrit dans le thème plus large de l’abandon généralisé de Jésus par tous Ses disciples, et de leur incapacité à soutenir leur maître dans l’épreuve.

 

Jésus s'adresse à la foule venue contre Lui comme s'Il était un criminel (Marc 14:48-49). Il interroge ceux qui viennent L’arrêter sur les raisons pour lesquelles ils ne l’ont pas appréhendé publiquement dans le temple, où Il enseignait chaque jour. La réponse à cette question se trouve plus tôt dans l’Évangile, en Marc 14:2, où il est mentionné que les autorités religieuses redoutaient une réaction violente du peuple si elles tentaient d’arrêter Jésus en plein jour. Elles ont donc choisi de L’appréhender dans le secret de la nuit, loin des foules, pour éviter une émeute.

 

Le thème de ce jour constitue également pour nous aujourd’hui : Le moment décisif de Gethsémané que l’on peut résumer ainsi qu’il suit :

 

  • Judas Iscariot trahit Jésus par un signe d'affection. L’on peut soupçonner que le motif de Judas était égoïste. Il voulait que Jésus prenne le pouvoir avec une démonstration de puissance et de force afin de pouvoir faire partie du nouveau régime. Son égocentrisme l'a rendu aveugle au véritable objectif de Jésus et, par conséquent, à son propre besoin.

 

  • Pierre, impétueux, s'élance avec une épée, désireux de défendre Jésus avec enthousiasme. C'était un homme d'action. La pensée et la réflexion viendraient plus tard. La leçon allait être dure à apprendre.

 

  • Un jeune spectateur anonyme est presque pris dans le drame et s'échappe, nu. Un jeune curieux est attiré par les bruits d'un événement et s'enfuit lorsqu'il est exposé.

 

  • ...et les autres disciples s'enfuient, effrayés par la tournure des événements.

 

Nous observons des éléments de notre propre relation avec Jésus dans ces quatre catégories : l'intérêt égoïste d'être du côté des vainqueurs ; l'enthousiasme pour la cause sans penser aux conséquences ; la curiosité parce qu'il se passe quelque chose ; ou la fuite parce que nous n'arrivons pas à comprendre ce qui se passe.

 

Ces passages, où la peur et la trahison se mêlent, soulignent la solitude de Jésus dans Son sacrifice. Abandonné par tous, Il demeure néanmoins fidèle à Sa mission, montrant ainsi qu’Il est le véritable rocher, le fondement sur lequel le salut est bâti. Les actions des disciples révèlent leurs faiblesses humaines, mais la force de Jésus réside dans Son obéissance totale à la volonté du Père, même dans les moments d’abandon et de souffrance.

 

Abondantes grâces sous l’aile bienveillante de l’Éternel !

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